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PHOTOS | Quand Rock Werchter se transforme en karaoké géant

Malgré une affiche moins forte et de la pluie, Rock Werchter n’a pas fléchi en ce troisième jour.

On ne va se le cacher. L’affiche du jour trois de Rock Werchter avait, contrairement aux trois autres journées, un petit goût de moins bien. Ajoutez à cela la pluie en invitée surprise et vous obtenez un contingent de journalistes qui se réduit à peau de chagrin. Sur la plaine, malgré les conditions plus difficiles, le public, lui, est au rendez-vous.

On n’était donc pas pressé ce samedi. Il y avait bien Frank Carter en début de journée qui aurait mérité un petit détour. Mais le rouquin, déjà croisé à Hasselt ou à Dour, est trop isolé en début d’après-midi. On débarque finalement en fin de journée sur la plaine, alors que Blink est occupé de déverser son énorme flot de tubes d’ado.

Le trio n’est désormais plus qu’un duo, puisque Tom Delonge a, une fois de plus, décidé de délaisser ses potes. Le guitariste a d’ailleurs annoncé avoir quitté le groupe pour se consacrer aux extraterrestres. Ok.

Pas de nouveau projet à la + 44 cette fois, c’est bien sous le nom de Blink 182 que les deux autres se présentent sur la grande scène de Werchter. C’est Matt Skiba, le chanteur d’Alkaline Trio, qui reprend le rôle laissé vacant.

Passé cette déception de ne pas, (re)croiser le groupe dans son intégralité, force est de constater que les trois gaillards s’amusent sur scène. « It’s time for a fucking bass solo », lance Mark non sans avoir remercié les fans de s’être déplacé au lieu de boire trop de bière à l’autre bout du camping. Entre les morceaux du nouvel album (composé avec Matt Skiba), les tubes s’enchainent à grande vitesse, les chansons punks étant rarement très longues. On ne voit finalement pas le temps passer. Et c’est un gamin qui reprend le rôle de Travis Barker pour clore ce chouette set à la batterie.

Assez étonnamment, même si les Arméniens étaient passés récemment par Forest National, c’était la toute première fois que System of a Down était appelé à se produire sur la scène de Werchter. Et ici aussi, les mecs n’ont pas tardé à se mettre le public en poche, balançant d’emblée une série de gros hits comme « Aerials » et « Hypnotize », enchaînés à un rythme soutenu, avant un final intense avec « Kill Rock 'n Roll », « B.Y.O.B. », « Toxicity » et « Sugar » au menu. Le karaoké pouvait se poursuivre à Rock Werchter.

Il n’allait pas faiblir en suite avec Linkin Park en clôture de journée, même si entre temps et dans un tout autre style, on n’avait pas manqué d’aller observer de loin Bonobo. De retour du côté de la scène principale, la présence du groupe nu metal américain en headliner du jour 3 posait un peu question. « Ne fallait-il pas inverser les deux derniers groupes », s’interrogeait d’ailleurs un collègue. On partait donc sceptique, d’autant plus que le dernier album ne s’inscrit pas dans la continuité d'albums plus incisifs comme The Hunting Party ou Hybrid Theory. On avait tort. Il faut l'avouer, Linkin Park a livré une jolie performance. Certains s’en sont sans doute arraché l’une ou l’autre corde vocale.

Linkin Park a pris un risque mais en même temps, Chester Bennington et sa bande peuvent se le permettre. Généreux, les gaillards ont tout donné, jusqu’à la dernière baguette de Rob Bourdon. Les Américains ont su conquérir la foule en trouvant le parfait équilibre entre nouveaux morceaux et anciens hymnes. Le sol de la plaine de Werchter en tremble sans doute encore ce dimanche matin, alors que Thurston Moore (de Sonic Youth), The Kills, Benjamin Clementine ou Warpaint sont notamment attendus sur scène. Avant bien entendu que Dave Grohl et les Foo Fighters ne clôture en feu d’artifice cette dernière journée du festival flamand.