ARTS DE RUE

Des diabolos, un jongleur et vous…

Avec son spectacle «Diabolo Therapy», Romain Hugo jongle avec le diabolo, le théâtre d’objet et l’expression corporelle. Tout un art (de rue).

Aucune bande-son, aucun texte ni aucun décor. La formule du spectacle «Diabolo Therapy» se veut volontairement singulière: allier comédie et jonglerie où l’instrument devient acteur de la scène. «Un trio gagnant: l’artiste, l’objet et le public. Si la technique et la performance sont toujours appréciées, il était important pour nous de travailler aussi sur le partage et l’échange avec les autres», insiste Romain Hugo, fondateur et administrateur de la Compagnie Smart Hands.

Dès samedi, à raison de quatre représentations sur le week-end, Romain et ses comparses présenteront leur numéro en tournée depuis plus d’un an. «Dans un savant mélange entre diabolos, bâtons, jongleries et théâtre d’objets, Romain Hugo met en scène son obsession de la performance et la crainte de l’échec.»

Discipline, rigueur et curiosité

Baigné dans le cirque grâce à son papa (directeur des «Ateliers du Cirque d’Enghien») ce jeune créatif a soif d’apprendre, de créer et surtout de communiquer. «J’ai dû quitter ma ville natale qu’était Hoves pour rejoindre Bruxelles. J’ai alors entamé un troisième cycle secondaire en “ Arts de la parole et du théâtre ” et suivi parallèlement des cours du soir à l’Espace Catastrophe», explique Romain. Aucun diplôme qualifiant donc, mais une sérieuse dose de persévérance qui a été utile pour parvenir à ses fins. «Je me forme continuellement. Pour réussir dans ce métier, il faut avant tout faire preuve de discipline, de rigueur et surtout rester curieux», dévoile notre artiste autodidacte.

Du haut de ses cinq ans, il manipule déjà le diabolo avec justesse et persévérance. Parmi le panel de techniques circassiennes, cet instrument lui apparaît comme une évidence.

Quand le diabolo devient marionnette

En 2015, l’appel de la scène l’amène à créer la «Compagnie Smart Hands», issue de son projet au départ solo. «J’ai eu la chance de suivre une compagnie suisse en tournée durant un an. Cette expérience professionnelle unique m’a servi de moteur de création, d’expérimentation et de découvertes artistiques.»

À son retour, son intérêt pour la jonglerie mutante l’amène à diversifier sa recherche vers la danse Hip-Hop, le théâtre d’objets et la marionnette. «Dans le spectacle, le diabolo prend la forme d’une marionnette et représente notre seul langage pour raconter notre histoire.» Intempéries, soleil éblouissant, pollutions sonores… Rien n’effraie notre artiste, qui utilise la scène extérieure comme terrain de jeux permanent.

«J’apprécie particulièrement le travail en rue car il n’y a pas la barrière du “ quatrième mur ”. Nous ne sommes pas cloisonnés dans une salle fermée, mais bien en contact direct avec les gens. Un avion qui passe, un enfant qui ramasse le diabolo: tout est prétexte à la scène et les interactions par défaut plus riches. Côté météo, à force d’expérience, nous avons appris à nous adapter à toutes les situations.»

Après dix ans d’absence, Romain Hugo revient dans sa région natale non sans une certaine fierté de pouvoir démontrer «qu’il a bien grandi depuis…»