Tentative d’attentat sur les Champs-Élysées: «Ça aurait pu être pire»

Tentative d’attentat sur les Champs-Élysées: «Ça aurait pu être pire»

- AFP

Un homme armé a percuté lundi volontairement avec sa voiture un fourgon de gendarmerie sur la célèbre avenue des Champs-Élysées à Paris. Quelques heures après cet attentat manqué, les témoins racontent.

Ce que l’on sait:

– Un homme a percuté un fourgon de la gendarmerie sur les Champs-Élysées à Paris. – L’homme, fiché S, est décédé. – A bord de la voiture, des armes, une bonbonne de gaz et des munitions ont été retrouvées.

Des curieux agglutinés derrière les cordons policiers, des touristes continuant à se prendre en photo devant l’Arc de Triomphe: l’attentat raté contre des gendarmes a créé la surprise lundi sur les Champs-Élysées à Paris, mais la plupart des témoins faisaient preuve d’un certain fatalisme.

«On marchait et on parlait entre nous. D’un coup, une voiture a dépassé un camion de gendarmes et s’est arrêtée à sa hauteur», raconte à l’AFP Lazare, 16 ans, qui se trouvait avec ses amis sur la célèbre avenue au moment où une voiture contenant une bonbonne de gazet des armes a foncé sur un fourgon de gendarmes mobiles, ne faisant pas de blessé. Seul l’assaillant, âgé de 31 ans, est mort au cours de l’attaque.

«Une fumée jaune»

Le jeune homme dit ensuite avoir entendu «un bruit» qui ne ressemblait pas à une explosion, «mais plutôt celui quand on allume un briquet à côté d’un déodorant en spray». Puis il a vu «une fumée jaune» s’échapper des fenêtre de la voiture.

«Les policiers, avec un pied de biche, ont cassé les vitres. Ils ont sorti le conducteur, il était inconscient. Ils l’ont mis par terre. Mais ils ne l’ont pas frappé, il n’y a pas eu de coup de feu». «ça aurait pu être pire», résume-t-il.

Alexandre, 51 ans, était assis sur un banc lorsqu’il a vu «des gens courir dans tous les sens, des touristes. Certains m’ont crié de partir mais je n’ai pas bougé», dit-il, levant les bras en signe d’indifférence.

«Des fourgons de police ont descendu l’avenue en trombe», décrit Romain, un touriste de 26 ans originaire de Pau (sud-ouest) qui s’apprêtait à visiter l’Arc de triomphe. «On nous a dit de ne pas bouger et de ne pas traverser l’avenue. Tout le monde était bloqué».

«Ça arrive, on est habitués maintenant»

Deux heures après les faits, les magasins avaient repris une activité normale.

«On a tout de suite fermé le magasin. Et quarante minutes plus tard, c’était calme, on a rouvert», explique Abram, 40 ans, vigile au magasin Adidas situé sur la célèbre avenue.

Quelques mètres plus loin, un magasin de maroquinerie de luxe avait lui aussi rouvert, après avoir baissé son rideau de fer «par précaution» tout de suite après l’attaque, selon une des vendeuses.

En début de soirée, la circulation avait repris partiellement sur l’avenue et dans les rues adjacentes.

«Ça arrive, on est habitués maintenant», dit simplement un employé d’une entreprise située sur cette artère touristique, symbole de la capitale française.

«Pas surpris», il rappelle qu’«il y a déjà eu un attentat un peu plus haut il n’y a pas longtemps». Le 20 avril, Karim Cheurfi, un Français de 39 ans, avait tué un policier de 37 ans sur les Champs-Élysées, et blessé deux de ses collègues ainsi qu’une passante allemande avant d’être abattu.

La France est la cible répétée d’attentats jihadistes depuis les attentats du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts.