POLITIQUE

Le cdH claque la porte: il ne veut plus gouverner avec le PS

 Benoît Lutgen annonce que son parti ne veut plus gouverner avec les socialistes.
Benoît Lutgen annonce que son parti ne veut plus gouverner avec les socialistes.-BELGA

Benoît Lutgen a annoncé le retrait du cdH des majorités actuelles en Wallonie, à Bruxelles et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le parti ne souhaite plus gouverner avec le PS, miné par les affaires actuelles, et veut former d'autres majorités.

Benoît Lutgen, lors d’une allocution vers 13h30, a évoqué les affaires qui plombent le Parti socialiste, avant de faire tomber les majorités dans lesquelles le parti centriste est présent.

«Les affaires, la soif d’argent de certains élus freinent la transformation de nos régions. Les efforts sont pourtant gigantesques. Mais il faut le constater avec lucidité: les murs de la mauvaise gouvernance empêchent de franchir les étapes du renouveau total de notre paysage économique, social et environnemental», explique-t-il.

«Le Parti socialiste ne détient pas le monopole des affaires», reconnaît le président du cdH. «Cependant, force est de constater qu’après 30 ans de pouvoir ininterrompu, le PS porte une responsabilité écrasante dans l’ampleur et la répétition des scandales.»

«La rupture (avec le PS) est nécessaire, et elle doit être immédiate», explique-t-il, en lançant en même temps un appel au MR, à Écolo et à DéFI pour former des majorités alternatives en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération Wallonie-Bruxelles.

«Ce n’est pas un risque que je vous propose. C’est un espoir. […] Ce changement de cap doit également être l’occasion, je le souhaite, d’un nouvel élan citoyen pour rassembler tous ceux et toutes celles qui veulent en profondeur offrir de nouvelles perspectives. Nous en avons la force, nous en avons les capacités, nous en avons les ressources», a-t-il conclu.

Le parti centriste est dans la majorité avec le PS depuis 2004 en Wallonie et à Bruxelles.

L’allocution complète de Benoît Lutgen

 

 

 

Madame, Monsieur,

Chers citoyens,

Ces derniers mois, ces derniers jours ont été rythmés par des affaires à rebondissements.

La cupidité de certains a dépassé tout entendement.

Leur «conscience» sociale a été emportée par l’appât du gain. S’octroyer des jetons de présence aux dépens de couvertures pour les plus démunis est choquant. À vrai dire, comme chaque citoyen, je suis, au plus profond de moi-même, dégoûté.

Notre génération politique a le devoir de changer le cours des événements.

Les affaires, la soif d’argent de certains élus freinent la transformation de nos régions.

Les efforts sont pourtant gigantesques. Mais il faut le constater avec lucidité: les murs de la mauvaise gouvernance empêchent de franchir les étapes du renouveau total de notre paysage économique, social et environnemental.

Le travail et les engagements vers plus de prospérité pour tous les Wallons et les Bruxellois ne peuvent plus être freinés. En aucun cas. Chaque scandale handicape l’action des gouvernements.

Le désarroi d’une formation politique prend en otage l’action publique.

Il serait trop facile de déclarer que le parti socialiste détient le monopole des affaires. Beaucoup de ses membres et mandataires dont des personnalités de qualité, sont également choqués et révoltés par ces abus.

Cependant, force est de constater qu’après 30 ans de pouvoir ininterrompu, le PS porte une responsabilité écrasante dans l’ampleur et la répétition des scandales.

La rupture est nécessaire. Elle doit être immédiate.

Les francophones sont à la croisée des chemins. L’excellence de l’éducation est au cœur de notre projet de société. Elle doit être la priorité absolue. L’économie ne peut pas se consolider avec de nouvelles taxes. Elle doit se bâtir sur la confiance et l’esprit d’entreprendre. La solidarité doit pousser chacun et chacune vers le haut. L’environnement doit être une force de changement pour relever avec ambition le défi climatique et la transition énergétique. Le secteur associatif doit être libéré, encouragé et non pas brimé. La politique doit servir et non pas le politique se servir.

Ce n’est pas un risque que je vous propose. C’est un espoir.

Je lance donc un appel au MR, à Écolo, à DéFi et à tous ceux qui partagent ce constat.

Un appel pour mettre en place de nouvelles majorités positives en Région wallonne, en Région bruxelloise et en Fédération Wallonie – Bruxelles. Il est temps, au vu des derniers scandales, de permettre aux francophones d’accélérer la voie du redressement et de la prospérité pour tous, avec la volonté acharnée de la performance, de l’éthique et de la bonne gouvernance. Cela passera notamment par une réduction drastique des outils et organismes publics et par l’exemplarité de chacun.

Ce changement de cap doit également être l’occasion, je le souhaite, d’un nouvel élan citoyen pour rassembler tous ceux et toutes celles qui veulent en profondeur offrir de nouvelles perspectives.

Nous en avons la force, nous en avons les capacités, nous en avons les ressources. Les Francophones regorgent de talents et de valeurs fortes. Mobilisons-les.

C’est notre engagement. Ayons confiance!