ARLON

Accident de Gomery: suspension du prononcé

Accident de Gomery: suspension du prononcé

Au carrefour de Gomery menant à Ruette, l’accident avait coûté la vie à deux personnes, en septembre dernier. ÉdA – 301316689171

Le drame de l’accident de Gomery se termine par une condamnation du conducteur, malgré une absence de faute réelle.

Le tribunal de police d’Arlon a rendu son jugement dans l’affaire de l’accident de Gomery (Virton) qui, le 4 septembre 2016, a coûté la vie à deux quinquagénaires Gaumais. Le conducteur qui a embouti la voiture des victimes bénéficie de la suspension du prononcé et devra suivre une formation donnée par l’IBSR (Institut Belge de la Sécurité Routière), un cours de vingt heures intitulé «Module général pour les contrevenants routiers».

Le juge Jean-Claude Borceux considère que les préventions sont établies. Le jeune homme de 21 ans au moment des faits est condamné «parce qu’il est en défaut de prévoyance et de précaution, qu’il n’a pas redoublé de prudence, qu’il ne s’est pas arrêté devant un obstacle imprévu, qu’il a négligé de se conformer à la signalisation.»

L’audience d’instruction avait démontré que le principal fautif de ce malheureux accident, comme signalé dans le rapport de police, «était principalement dû à un endroit très dangereux et très accidentogène (30 accidents ces dernières années) et une importante végétation masquant la signalisation». L’expertise a, de plus prouvé, que le conducteur ne dépassait pas la vitesse réglementaire, qu’il avait un taux d’alcoolémie nul et que son GPS ne renseignait pas le carrefour.

Tous ces arguments en sa faveur ont été balayés par le jugement qui stipule que «la moindre petite faute ou négligence suffit pour que les préventions soient établies».

Même si le jugement tient largement compte «du jeune âge du conducteur, de ses regrets sincères, du sentiment de culpabilité qui le poursuit, de l’empathie qu’il a manifestée envers les familles des victimes», il démontre à tout usager de la route que sa responsabilité est énorme s’il commet la moindre minime imprudence.

Le choc a provoqué le décès de deux Gaumais, André Sosson, 61 ans et Marc Fagny, 51 ans. Les familles des deux victimes, conscientes du caractère très malheureux du contexte de l’accident et touchées par les regrets et les marques d’empathie du prévenu à leur égard, ont décidé de réclamer un euro symbolique au titre de préjudice.

Pour rappel, le ministère public avait sévèrement requis un an de prison à l’encontre du prévenu, mais n’a pas été suivi par le juge.