Initiatives citoyennes

VIDEO | Partager la nourriture au lieu de la gaspiller

Un groupe d’amis a créé Share Food, une ASBL qui s’occupe de redistribuer les invendus des magasins à des personnes et des organisations à la recherche de dons alimentaires.

En Région de Bruxelles-Capitale, 15 kilos de nourriture sont gaspillés par personne et par an (15 000 tonnes pour toute la Région). Ce qui équivaut à trois repas par jour pour 30 000 personnes durant une année entière, selon Bruxelles Environnement.

Face à ce gaspillage alimentaire et à l’urgence de la crise migratoire qui frappe la Belgique, un groupe d’amis composé d’une dizaine de jeunes s’est mobilisé pour mettre sur pied un projet baptisé Share Food.

Lancée il y a un peu plus d’un an, cette ASBL a pour objectif de récupérer les invendus alimentaires dans certains commerces comme Carrefour, Exki, Neuhaus ou encore la boulangerie Éric Kayser, en soirée à la fermeture, et de les distribuer aux personnes qui sont dans le besoin.

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Pour nous, la solidarité, c'est l'indispensable plaisir du partage.

»

Cinq fois par semaine, les fondateurs, aidés par des bénévoles, livrent la nourriture dans des maisons d’accueil, mais aussi dans des squats Bruxellois, les oubliés de la redistribution traditionnelle comme ils disent.

«Dans le circuit de la distribution, la nourriture est redistribuée de manière plus classique. Mais en dehors de cette redistribution traditionnelle, certains sont oubliés, dont les squats par exemple. Par conséquent, des centaines de personnes n’ont pas droit aux invendus», explique César Richelle, cofondateur de Share Food.

Un besoin de logistique

L’idée de cette ASBL n’est pas nouvelle. Nombreuses sont les associations qui luttent contre le gaspillage alimentaire. Les porteurs du projet en sont conscients: ils n’ont rien créé. Ce qu’ils font est principalement du ressort de la logistique.

«J’avais entendu parler de ce problème de logistique entre les donateurs et les receveurs. De très petits magasins jettent des bennes à ordures de nourriture tous les jours car ils n’ont pas le temps d’organiser des livraisons de dons d’invendus, précise le cofondateur Sébastien Van Hoof. Nous, on essaye simplement de faire le lien entre les donateurs et les receveurs. On ne fait qu’amener la nourriture d’un point A à un point B.»

Aujourd’hui, il s’avère que la législation bruxelloise est un peu à la traîne en matière de dons alimentaires… Ce que regrettent les membres de Share Food.

« Il y a encore trois ou quatre ans, l’État taxait les magasins qui donnaient leurs invendus. Heureusement, ce n’est plus le cas maintenant. Mais nous aimerions que les commerces de la capitale soient obligés de redistribuer leurs denrées alimentaires», indique Selin Suntay.

Où stocker les denrées?

Si l’association se développe bien, les fondateurs remarquent tout de même quelques limites à leur projet. Parmi celles-ci: le local. À l’heure actuelle, l’ASBL Share Food ne dispose pas d’un endroit pour pouvoir stocker toute la marchandise qu’elle reçoit des supermarchés. Pourtant, elle aurait bien besoin d’un espace commun.

«Récemment, nous avons reçu gratuitement un frigo et un congélateur pour stocker nos aliments frais, détaille Sébastien Van Hoof. Le problème est que nous n’avons pas encore de local. Or, cela nous aiderait énormément. Nous pourrions accepter encore plus de marchandises puisque l’on saurait stocker les invendus le soir et les redistribuer le lendemain à des organisations. »

L’occasion aussi pour eux d’élargir leur offre en distribuant davantage une nourriture variée aux personnes démunies.

Le portrait de Nathan Lallemand

Age : 27 ans

Fonction : Cofondateur

Cela fait un peu plus d’un an que Nathan Lallemand travaille à plein-temps pour l’ASBL Coopso, à Bruxelles, qui propose des achats groupés en matière d’énergie. À côté de son activité principale, il est bénévole au sein de Share Food où il est entré en mars 2016. Sensibilisé aux projets à fort caractère social et environnemental, il n’a pas hésité à faire partie de l’aventure lorsque ses amis sont venus lui présenter le concept. La lutte contre le gaspillage et celle contre l’insécurité alimentaire sont des réalités auxquelles Nathan Lallemand est constamment confronté. Faisant partie du secteur associatif, ce jeune homme avait envie d’agir à son échelle et d’œuvrer pour un projet aux conséquences positives.