LONDRES

Incendie à Londres | «C’est injuste, je vais mourir»: les dernières paroles d’un couple se sachant condamné

Incendie à Londres | «C’est injuste, je vais mourir»: les dernières paroles d’un couple se sachant condamné

Marco Gottardi et Gloria Trevisan. Instagram

Coincés dans leur appartement durant l’incendie de la tour Grenfell à Londres, Marco Gottardi et Gloria Trevisan ont vu les heures défiler avant de se savoir condamnés. Ils ont communiqué avec leur famille restée en Italie jusqu’à 4 h 07 du matin.

Fraîchement diplômés, Marco Gottardi et Gloria Trevisan partent s’installer à Londres il y a trois mois pour trouver du travail et perfectionner leur anglais. À 26 et 27 ans, ils pensent avoir tout l’avenir devant eux. Jusqu’à cette tragique nuit du 14 juin lorsque la tour Grenfell s’embrase.

 

 

Le jeune couple habite au 23e étage de cet immeuble qui en compte 24. Il est rapidement pris au piège par les flammes. Vers deux heures du matin, le jeune homme téléphone à son père resté en Italie pour le rassurer. Le média italien Il Mattino di Padova relate une partie de cet échange qui a ému l’Italie : «Il y a beaucoup de fumée, mais ne t’en fais pas, nous attendons les secours. Nous avons ouvert la porte d’entrée, mais il y a de la fumée partout, nous ne pouvons pas sortir. Les ascenseurs sont bloqués.»

Au fil des heures, l’espoir du couple d’être secouru s’amenuise. «D’ici nous ne pouvons pas sortir, nous sommes bloqués», confie Gloria à sa mère au téléphone dont les propos sont rapportés par le quotidien Corriere della Sera.

Vers 4h du matin, le couple se sait condamné. L’incendie ravage tout l’immeuble, les deux Italiens ne seront pas secourus à temps. La jeune femme donne un dernier coup de téléphone à sa mère: «C’est injuste, j’avais toute la vie devant moi, je vais mourir. J’aurais tellement voulu vous embrasser une dernière fois, j’aurais tellement voulu vous aider (...). Merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Désormais je vais aller au paradis et j’espère vous aider de là-haut.»

Marco appelle également une nouvelle fois son père. Il lui explique que «l’appartement est rempli de fumée» et que «la situation est devenue urgente». Il est 4 h 07 du matin lorsque les deux familles perdent le contact. Au téléphone, la mère de Gloria tentait de rassurer sa fille en contrôlant ses sanglots. «Nous avons tenté de rappeler une centaine de fois mais ça n’a pas répondu», a confié le père de la jeune fille au journal Il Mattino di Padova.

Depuis cette nuit dramatique, les deux familles ont reçu la confirmation du consulat italien que Marco et Gloria faisaient parties des personnes disparues. Le frère aîné de la jeune femme a rapidement embarqué dans un avion pour se rendre à Londres et tenter d’en savoir plus. Mais les autorités anglaises et les pompiers ont confirmé que l’opération de recherche des corps prendrait des jours, voire des semaines.