LIÈGE

Quatre Liégeois relancent les Tôleries de Sclessin, tombées en faillite en 2015

 Alain Vandegar et Patrick Deroanne
Alain Vandegar et Patrick Deroanne-ÉdA Hermann

Quatre entrepreneurs liégeois viennent de rendre vie à TDS (Tôleries de Sclessin), une société spécialisée dans la fabrication de mobilier de bureau. Une bonne nouvelle sur le plan économique, dans une région qui a souffert ces dernières années.

Le bassin sidérurgique liégeois a été accablé par un lot de mauvaises nouvelles, ces dernières années. Lorsqu’une entreprise déclarée en faillite en octobre 2015 reprend vie, on peut considérer cela comme une bonne nouvelle sur le plan économique, assurément.

TDS, à savoir les Tôleries de Sclessin, est une entreprise née en 1946 en bord de Meuse, en fabriquant des cercueils métalliques destinés au rapatriement des soldats américains. Au fil des années et de son développement, elle s’est spécialisée dans la tôlerie fine et la fabrication de mobilier de bureau.

Au plus fort de ses activités, en 2004, son chiffre d’affaires s’élevait à 28 millions d’euros et elle employait 170 personnes. Mais la crise de 2008 est passée par là, impliquant un rétrécissement du carnet de commandes, notamment en provenance des administrations. Après le directeur «historique», Jean-Marie Onclin, plusieurs directions se sont succédé, avec des fortunes diverses. Ce qui devait arriver arriva: TDS était déclarée en faillite en octobre 2015, laissant 85 personnes employées sur le carreau. Quatre Liégeois relancent les Tôleries de Sclessin, tombées en faillite en 2015 -ÉdA Hermann

Un an et demi plus tard, le site reprend vie. Quatre Liégeois ont décidé de se lancer dans l’aventure. Au centre du projet se trouve Patrick Deroanne, le patron de la société Deroanne implantée à Grâce-Hollogne, active dans la fourniture et le mobilier de bureau.

Il a apporté un quart du capital. Alain Vandegar et Benoit Boonen, deux anciens ingénieurs de TDS, ont apporté un deuxième quart, tandis que Sylvain Rizzo (société Balteau) en apporte en troisième. Le holding liégeois Meusinvest complète l’actionnariat.

Un site de 18000 m2

Les machines ont donc été rallumées ce mardi, permettant le redémarrage de la production. On trouve sur les 18000 m2 de surface de l’entreprise des engins de haute technologie, comme des découpeuses laser de haute précision, des appareillages de peinture du mobilier, etc. Quatre Liégeois relancent les Tôleries de Sclessin, tombées en faillite en 2015 -ÉdA Hermann

Les nouveaux patrons ont d’ores et déjà commencé à recontacter l’ancienne clientèle de TDS, qui a la capacité de produire 450 postes de travail par semaine. Le projet consiste à développer une production à caractère local. Les tôles proviennent de la région liégeoise, l’emploi est local. «Nous allons collaborer avec un menuisier de la région», explique également Patrick Deroanne.

14 emplois

La relance des activités permet la création de quatorze emplois, dont sept à Sclessin pour la production et sept à Grâce-Hollogne chez Deroanne, pour la partie commerciale. Les patrons indiquent vouloir y aller lentement mais sûrement, y compris en termes d’emplois, pour reconstruire TDS sur des bases solides.

«Il n’existe que trois entreprises du secteur en Belgique et nous sommes la seule en Wallonie», explique Patrick Deroanne, qui compte bien en faire un argument de séduction à l’égard des clients potentiels: administrations et clients privés. Quatre Liégeois relancent les Tôleries de Sclessin, tombées en faillite en 2015 -ÉdA Hermann

La taille de l’entreprise constitue un atout, avec une certaine flexibilité et la possibilité de produire des séries personnalisées, en quantités réduites. «Nous avons cette capacité à honorer une commande de 20, 50, 70 ou 100 postes de travail estampillés avec la marque d’une entreprise, par exemple. Par rapport à du mobilier produit à large échelle en Chine, par exemple, nous avons la volonté de proposer de la qualité à un prix raisonnable», ajoute Patrick Deroanne.

Dès ce 1er juin, par ailleurs, la société Deroanne intégrera à son catalogue le mobilier produit chez TDS, ce qui devrait promettre des commandes, donc du travail aux employés.

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