Un logement trop petit ou mal conçu et voilà que naît un projet d’extension. Quelles autorisations faut-il? Comment concevoir une annexe pour l’exploiter au mieux?

Besoin d’espace, envie de pousser les murs… Plutôt que de déménager, l’idée d’agrandir vient souvent à l’esprit des propriétaires. De quoi offrir un nouveau confort de vie, ainsi qu’une belle plus-value à l’habitation. Il y a toutefois certaines règles à respecter pour réussir son projet.

Jusqu’au 1er juin, c’est le Code wallon de l’aménagement du territoire, du patrimoine et de l’énergie (Cwatupe) qui est en vigueur. Il sera ensuite remplacé par le CoDT (Code du développement territorial), un peu moins contraignant.

Avec ou sans architecte?

«Jusqu’à présent, il faut le concours d’un architecte pour construire une extension de plus de 20 m2, indique Bernard Vanturenhout, architecte à Liège. Avec le CoDT, la surface minimale passera à 40 m2.»

Se passer de l’expertise d’un architecte n’est toutefois pas toujours une très bonne idée. D’autant qu’il y a des éléments techniques à prendre en compte et que l’œil d’un professionnel est bien souvent bienvenu pour optimaliser le projet. «Nous sommes un cabinet créatif, explique l’architecte. On voit ce qu’on peut faire en termes de chauffage, d’électricité, d’isolation… Mais aussi en termes d’intégration au bâti existant, d’harmonie de l’ensemble. Dans ce cas, il est intéressant de contacter un architecte, même pour une petite surface.»

Une plus-value affective

Réaliser une extension a un coût, certes, mais il n’est généralement pas plus élevé que pour une construction neuve. «Si tout est bien pensé dès le départ, on a une bonne estimation. On compte une marge de 15% pour les surprises éventuelles en cours de chantier. Mais elle est largement compensée par le fait qu’une construction neuve coûte très cher actuellement.»

Quant à la plus-value qu’une extension peut apporter à une maison, «j’estime qu’il faut davantage parler d’une valeur de convenance et affective que d’une valeur financière. Cela permet d’avoir plus d’attachement à son logement, d’y passer plus de temps, de se sédentariser, d’améliorer le quotidien.»

Stabilité et environnement

Lorsqu’on se lance dans un projet d’agrandissement, deux éléments sont à prendre en compte dès le début: «La stabilité de la construction existante (murs porteurs, charge, etc.) et le voisinage, l’environnement et l’urbanisme (quel est le gabarit des habitations voisines, le recul, les limites réglementaires…)».

Quant aux matériaux, plutôt brique ou plutôt bois? «Chacun a son sens, estime Bernard Vanturenhout. La construction en dur a l’avantage qu’elle est traditionnelle et qu’on trouve donc facilement des artisans et matériaux, simples à mettre en œuvre et moins chers. Le bois, lui, est un peu plus cher car le matériau est plus coûteux. Par contre, le gros avantage est qu’il s’agit d’une construction sèche. Ça va très vite, on ne doit pas attendre pour poser un parquet ou peindre. Comme le bois est plus léger, il prend moins de place et permet ainsi une meilleure isolation.»

Mais dans tous les cas, «ça vaut la peine de continuer à vouloir embellir sa maison», conclut l’architecte.