GHLIN - MONS

A la pépinière de Ghlin, on a la main de plus en plus verte

En plus de 40 ans d'existence, la Pépinière et les Serres de Ghlin ouvrent pour la première fois leurs portes. C'est ici que sont produites les plantes qui garnissent les ministères et administrations wallonnes, mais aussi des parcs, des écluses...Plongée dans cet espace de plus en plus vert.
La Pépinière de Ghlin, où sont produites toutes les plantes pour le compte du SPW en Wallonie, ouvre ses portes ce dimanche au public pour la première fois
La Pépinière de Ghlin, où sont produites toutes les plantes pour le compte du SPW en Wallonie, ouvre ses portes ce dimanche au public pour la première fois

Quel est le point commun entre les bégonias du château de la Hulpe et les ficus garnissant le site de la foire agricole de Libramont ? Ces plantes ont été élevées au même endroit : aux serres et pépinière de Ghlin, soit 1800 m² dédiés à la production de plantes, destinées aux bureaux des services publics de Wallonie, aux foires et aux domaines gérés par la Région Wallonne, à l'embellissement des écluses...

Pour la première fois, cet endroit unique sera accessible aux visiteurs durant l'opération Portes ouvertes du SPW, organisée ce dimanche. Huit agents travaillent ici pour assurer la production de 10 à 15000 plantes vertes par an. Installées depuis 1972 à Ghlin, les serres ont été complètement transformées il y a deux ans et ont révolutionné le travail des agents.

« On est passé de l'âge de l'âge de pierre à l'ère de l'informatique », résume Philippe Nuttens, responsable des serres, tout heureux de nous faire visiter ce lieu de culture automatisé, avec ses parois en téflon, matériau plus léger et plus lumineux que le verre, sa station météo, ses 4 compartiments qui permettent d'avoir 4 climats différents, ses parois amovibles, son chauffage par le sol... « Nous avons aussi des toiles d'ombrage, s'il y a trop de clarté. En hiver, nous les utilisons également pour garder la chaleur à l'intérieur des serres. C'est un sacré jouet ! » sourit Philippe Nuttens.

Il est loin le temps de la serre en bois et tôle ondulée, temple du gaspillage énergétique à outrance, quand les plantes étaient chauffées aux canons au mazout : « les feuilles étaient toute noires » se souvient notre homme. Aujourd'hui, une attention particulière est portée à exploiter au mieux les ressources. A l'instar de l'utilisation d'eau.

Arrosage en circuit fermé

Si les plantations étaient auparavant  alimentées par de l'eau de ville, c'est l'eau de pluie qui prend aujourd'hui le relais. « On a un système de récupération de l'eau des toitures, qui se retrouve dans deux silos de 700 m³ d'eau ». L'eau qui a servi à arroser les plantes est également récupérée dans une citerne, grâce au sol drainant constitué de gravillons de lave. Une fois filtrée, l'eau peut être envoyée dans les silos de récupération. Un vrai circuit fermé, l'eau de ville n'est alors utilisée qu'en cas de sécheresse prolongée, comme ce fut le cas l'an dernier.

L'arrosage se fait de manière automatique, grâce à de larges rampes. La méthode du goutte à goutte est aussiutilisée : elle permet une utilisation parcimonieuse des ressources en eau, qui ne s'évapore pas. En cas de besoin, la bonne vieille technique du tuyau d'arrosage est toujours là...

Zéro phyto, c'est pour bientôt

Il n'y a pas que dans la gestion de l'eau ou du chauffage que les horticulteurs de la Région Wallonne ont progressé : la manière de cultiver a aussi été chamboulée, suite aux mesures gouvernementales pour interdire l'utilisation de produits phytosanitaires. Les services régionaux doivent aussi s'adapter à cette nouvelle donne. Une notion a fait son apparition dans le monde de l'horticulture publique : celle de la lutte intégrée.

« Il s'agit de la gestion des invasions de ravageurs : nous devons apprendre à réagir très vite et différemment suivant les cas. Par exemple, quand on avait une attaque de pucerons, avant on y allait généreusement et on arrosait de produits chimiques. Maintenant, on introduit des coccinelles. Il faut voir quel style de ravageur attaque les plantes et trouver le type d'auxiliaire qui peut y faire face. Nous devons aussi intégrer une multitude de données comme le taux d'humidité, la chaleur...C'est très complexe ».

Complexe, mais beaucoup plus sain, pour les plantes, le sol et les personnes qui travaillent autour. Ce dimanche, les portes ouvertes seront aussi l'occasion d'expliquer comment au SPW on prépare l'avenir sans phytosanitaires. « On demande des efforts aux citoyens,mais nous devons aussi montrer l'exemple », assène Philippe Nuttens.

En apparence tranquille, le monde de l'horticulture est en pleine effervescence grâce à l'évolution technologique, et un changement de pratiques sans doute salutaire. "On est dans une période d'innovation, ça bouge dans tous les sens!"

De la graine à la plante

Aux serres de Ghlin, la production n'est pas figée, loin de là: elle suit les demandes des services de la Région et les tendances. « Actuellement, on est surtout dans les graminées, alors qu'on n'en produisait presque pas il y a une dizaine d'année ». Autre tendance: les orchydées. « Mais c'est un métier à part entière. on ne s'aventure pas trop sur ce terrain-là, du coup on passe par des grossistes ». 

Ce qui est à contre-courant de la philosophie générale puisque la production tend à se faire de plus en plus en interne, « Notre but, c'est de pouvoir produire nos propres plantes vertes à partir de nos propres graines. Nous aimerions arriver à vivre en autarcie », ambitionne Philippe.

Trois sites ouverts au public

La Pépinière de la direction des Espaces verts de Ghlin sera ouverte au public ce dimanche 23 avril, de 10h à 17h. Adresse : rue des Ayettes 3, 7011 Ghlin.

A l'occasion des portes ouvertes du SPW Wallonie, deux autres sites de la région du Borinage et du Centre seront ouvert au public : le district routier de Saint-Ghislain et le chantier du viaduc de Seneffe. Infos : www.wallonie.be/fr/carte-jpo-2017