Attentat à Paris: comment les candidats ont réagi en direct à la télévision?

 Marine Le Pen, Benoît Hamon et François Fillon ont réservé leurs 2 minutes 30 de conclusion à la question terroriste.
Marine Le Pen, Benoît Hamon et François Fillon ont réservé leurs 2 minutes 30 de conclusion à la question terroriste.-AFP

L’attentat qui a visé des policiers sur les Champs Élysées a heurté de plein fouet le dernier grand rendez-vous de la campagne sur France 2. Les candidats ont réagi chacun à leur façon.

Les 11 candidats défilaient hier soir devant David Pujadas et Léa Salamé sur France 2. Au courant de l’attaque vers 21 heures, ils ne disposaient que de très peu d’informations et les rumeurs infondées se propageaient sur les réseaux sociaux, à toute allure. Des rumeurs que certains n’ont pas hésité à reprendre.

Chaque candidat disposait de 15 minutes de temps de parole et était questionné par les deux journalistes. 2 minutes 30 de discours venaient conclure l’émission une fois les onze candidats passés individuellement devant la caméra.

Lorsque les informations commencent à parvenir, plusieurs des candidats se sont déjà exprimés, notamment Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Alors que Nicolas Dupont-Aignan vient de finir son passage, les deux journalistes délivrent l’information en direct tout restant très prudent. Tous les candidats qui vont suivre vont devoir faire face à cette actualité brûlante.

Philippe Poutou est le septième à passer. Il est le premier à réagir à l’attaque qui s’est déroulé sur les Champs. Fidèle à sa ligne, il se réclame du désarmement de la police pour lutter contre les violences policières. À ce moment-là, Léa Salamé et David Pujadas ne parlent pas d’attentat mais évoquent un vol à main armée.

Macron reste prudent

Bien plus au courant, le candidat suivant, Emmanuel Macron a lui chamboulé tout son début d’interview. Au lieu d’amener, comme les autres, un objet qu’il mettrait sur son bureau de président en cas de victoire, il profite du temps normalement accordé pour parler de cet objet pour revenir sur les événements de la soirée. Tant pis pour le livre de grammaire et sa belle histoire avec sa grand-mère.

Alors que les deux journalistes avaient sous-entendu à tort qu’il ne s’agissait pas d’un attentat, Emmanuel Macron les contredit et parle de «menace quotidienne», faisant explicitement référence au terrorisme, tout en précisant ne «pas savoir qualifier ce qu’il s’est passé».

Fillon relaye les rumeurs

Très prudente, la réaction du candidat En Marche est en totale opposition avec celle de François Fillon qui trouve le moyen de relayer une fausse rumeur: «On nous laisse entendre qu’il y a d’autres violences ailleurs dans Paris». Des faits démentis plus tard par le ministère de l’Intérieur. Lui aussi n’est pas venu avec son objet, rejetant même le concept de l’émission: «Je ne suis pas fétichiste».

Depuis plusieurs jours, François Fillon met l’accent sur l’immigration, le terrorisme et l’islam en France. Il ne comptait pas rater cette occasion d’enfoncer le clou et à utiliser plus de 8 minutes de son quart d’heure de temps de parole pour revenir sur ces sujets.

Entre ces deux candidats, Jacques Cheminade et Jean Lassale ont rendu hommage aux policiers. Jean Lassalle, juste avant François Fillon, a lui aussi relayé une rumeur démentie par la suite faisant état de la mort d’un second policier.

François Fillon clôturait les interviews. Il ne restait plus que les 2 minutes 30 de conclusion pour chaque candidat. Tous ont parlé des attentats mais seuls Benoît Hamon, François Fillon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan en ont fait le cœur de leur intervention finale.

Marine Le Pen, comme François Fillon, avait décidé d’axer sa fin de campagne sur le terrorisme. Les deux candidats n’ont pas raté l’occasion d’enfoncer le clou dans leur conclusion. D’ailleurs, ils ont annoncé, avec Emmanuel Macron, ne pas poursuivre leur campagne ce vendredi.

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