MONS

A Mons, les gargouilles de Sainte-Waudru attendent de revoir le soleil

Depuis plusieurs années, des gargouilles de la Collégiale Sainte-Waudru sont sanglées pour prévenir leur éventuelle chute. Un dossier de rénovation est sur la table depuis plusieurs années. Qui a enfin bougé ces derniers mois.
Plusieurs gargouilles entourant la collégiale Sainte-Waudru sont tenues par des sangles, en attendant leur rénovation
Plusieurs gargouilles entourant la collégiale Sainte-Waudru sont tenues par des sangles, en attendant leur rénovation

En 2004, cela aurait pu être le drame: une gargouille garnissant les corniches de la Collégiale Sainte-Waudru à Mons s'est détachée. Mais sa chute n'a heureusement causé que des dégâts matériels. "Mais si on est cynique, on peut se dire que cet incident a permis de déclencher une réflexion sur leur restauration".

Cynique, Pierre Dufour ne l'est peut-être pas, mais aujourd'hui le président de la fabrique d'église Sainte-Waudru se satisfait de voir ce dossier avancer après de longues années de procédure. "Après cet incident, on a fait le tour de l'ensemble pour voir s'il y avait d'autres dangers imminents et nous avons décidé de sangler un certain nombre de gargouilles".

Depuis plus de 10 ans, cette image de gargouilles bâchées et retenues par des sangles s'offre aux visiteurs de la Collégiale. Une dizaine sont dans cet état autour de l'édifice religieux et attendent de retrouver leur splendeur. "Nous avons refait il y a une dizaine d'années les gargouilles hautes. Maintenant, nous avons lancé le cahier des charges pour les gargouilles basses mais aussi pour refaire l'ensemble des corniches".

Un premier dossier refusé

Et ce dossier traîne depuis le début de la décennie. "Vers 2010, nous avions déjà lancé un appel d'offres sur base d'un précédent cahier des charges. Nous avions sélectionné une entreprise, mais l'entame des travaux était conditionnée à l'acceptation du dossier par la Région Wallonne. Car pour ces restaurations, qui touchent un patrimoine classé considéré comme exceptionnel, nous pouvons prétendre à des subventions à hauteur de 95% du coût des travaux".

Pour des travaux estimé à environ 1,2 million d'euros, cela vaut la peine d'avoir le feu vert...mais le dossier traîne en longueur. "Il y avait beaucoup de va-et-vient à la Région, des dossiers s'égaraient..." Et quand le dossier a réapparu sur un bureau au bout d'un an et demi, "ils nous ont dit qu'ils n'avaient pas confiance en un de nos sous-traitants et que la subvention était refusée. Il a fallu recommencer la procédure..."

Retour à la case départ

Au passage, il a fallu revoir toute la philosophie du dossier: "leurs idées avaient évolué: plutôt que d'avoir un gros marché avec une entreprise qui s'occupe de tout de A à Z, la Région préférait que nous divisions les travaux en petits lots, un pour les corniches, un pour les pierres, etc. Ce qui doit permettre à des plus petites entreprises d'avoir des marchés". Si l'idée est louable, il en a résulté plus de travail pour l'architecte responsable du dossier, qui a dû tout coordonner.

"Ca a pris un certain temps et le dossier était prêt à la fin 2016. Il est repassé devant la Commission royale des monuments, sites et fouilles, qui a marqué son accord à la fin du mois de mars. Le permis d'urbanisme a été demandé à la fin du mois de mars. L'appel d'offres doit être lancé et sera bouclé à la fin du mois de mais.

Quand les entreprises seront désignées, les travaux pourront commencer. Chaque gargouille sera resondée et renforcée grâce à des greffons ou des membranes. Trois sont dores et déjà sûres de se voir remplacée."On procèdera en quatre phases, un côté de la Collégiale à la fois".

Il est encore trop tôt pour avoir un calendrier, mais une chose est sûre: "on s'arrangera pour qu'il n'y ait pas d'échaffaudages pendant le Doudou! On a déjà eu des mauvaises blagues, avec des gens qui grimpaient dessus..."