COMMENTAIRE

Chaumont oui, mais qu’on n’oublie pas les autres !

-EDA

Chaque vendredi, Daniel Jonette, chef de l'Avenir Luxembourg, commente l'actualité sportive.

Il paraît que chacun, dans sa vie, a droit à son quart d’heure de célébrité. Lundi soir, Gaby Ney et Lionel Déom ont à leur tour confirmé la prédiction d’Andy Warhol. 

Sur le plateau de «La Tribune», l’inamovible délégué de l’ES Chaumont et son capitaine ont été érigés en symboles d’un football «non rémunéré», denrée manifestement de plus en plus rare chez les… amateurs, n’en déplaise à Pierre de Coubertin.

Toujours prompt à hisser haut les couleurs du foot luxembourgeois, Marcel Javaux ne s’était évidemment pas privé de souligner sur antenne la performance de ces footballeurs bénévoles, qui se sont hissés en P1 sans percevoir ni prime ni fixe. Mais, en sa qualité de président du CP, devait-il pour autant mentionner le seul Bastogne en guise de contre-exemple alors que tant d’autres clubs ont emprunté les mêmes voies bordées de primes démesurées et de conventions inappropriées?

Quoi qu’il en soit, les Chaumontois ont donc eu droit aux applaudissements et aux commentaires élogieux. L’option qu’ils ont prise – pour autant que tout soit bien vrai – les justifie dans ce milieu tellement gangrené par l’appât du gain facile. D’un autre côté, on peut quand même s’étonner que l’on juge comme exceptionnel ce qui ne devrait être que la norme finalement. Qu’on n’oublie pas dès lors le gymnaste et ses 15 heures d’entraînement hebdomadaires, le marathonien et ses 150 bornes par semaine ou le nageur et ses séances ultra-matinales! Le tout pour pas un rond là aussi.

Vous nous rétorquerez que si certains tirent un profit financier de leurs performances sportives, c’est aussi parce qu’on délie généreusement les cordons de la bourse sous les yeux. L’occasion fait le larron, oserait-on dire. Et dans le foot, les occasions ne se présentent pas que dans la surface de réparation adverse…

Dans un tel contexte, «pourri par l’argent», diront certains, la manière dont s’est construit ce Chaumont qui gagne illustre aussi, à sa façon, l’une des tendances parmi les plus observées et les plus influentes dans les récentes campagnes de transfert. En ce sens qu’un cadre plus confortable peut infléchir une position qu’aurait dictée l’attrait de quelques euros supplémentaires. On parle ici de proximité, de camaraderie, de niveau moins exigeant, d’entraînements plus restreints ou de pelouse mieux entretenue. Un peu comme si Andy Warhol avait d’un coup opté pour le street art.