Ces militants pro-Fillon qui pourraient faire fuir Juppé

 Sans les militants de Sens Commun, les meetings de François Fillon seraient moins remplis.
Sans les militants de Sens Commun, les meetings de François Fillon seraient moins remplis.-Reporters – Blondet Eliot/ABACA

Au plus fort de la tempête sur les affaires, François Fillon s’est appuyé sur une base militante catholique et traditionaliste issue des manifestations anti-mariage homosexuel. Cette frange de la droite, réunie dans Sens Commun, inquiète Alain Juppé.

Le Canard enchaîné rapporte ce mercredi des propos interpellant prononcés par Alain Juppé devant certains de ses soutiens et amis: «Je ne soutiendrais pas un gouvernement dont la ligne serait dictée par Sens Commun. C’est simple, je serais dans l’opposition». Explications.

Le finaliste de la primaire de la droite et du centre contre François Fillon s’est montré plutôt discret depuis le début de la campagne de l’ancien Premier ministre. Les affaires ont certes leur importance dans cette relative discrétion. Mais la ligne politique défendue par le candidat Fillon et les revendications de ses militants catholiques et traditionalistes les plus acharnés sont en fait un repoussoir bien plus puissant. Fillon avait laissé entendre que certains de ses militants réunis au sein de Sens Commun pourraient intégrer son gouvernement en cas de victoire. Un pas de trop pour Juppé qui ne se reconnaîtrait pas dans cet hypothétique gouvernement.

Sens Commun: base militante indispensable de la campagne

Sens Commun est une émanation de la Manif Pour Tous, organisation issue des manifestations conte le mariage homosexuel en 2012 et 2013. D’inspiration très catholique et traditionaliste, elle constitue une de ses bases militantes de la campagne de Fillon et le soutient depuis août 2016, à un moment ou personne ne croyait en lui. Séduits par sa forte désapprobation du mariage homosexuel mais aussi par sa foi catholique jusqu’alors discrète qu’il s’est mis à afficher, les militants de Sens Commun se sont engagés comme un seul homme derrière leur candidat.

Alors que son parti semblait le lâcher, le grand meeting du Trocadéro pour contrer la mise en examen n’a été possible que parce que l’organisation a battu le rappel de ses membres et loué des dizaines de bus pour acheminer les militants jusque devant la Tour Eiffel. Certains militants de Sens Commun ont déjà fait plus d’une dizaine de meetings du candidat de la droite. Bref, sans ces militants, Fillon n’aurait probablement pas pu mener campagne et peut-être même pas faire face aux affaires. Logique dans cette situation que les cadres de l’organisation soient récompensés en cas de victoire.

La méfiance de Juppé et du centre droit

Mais voilà, ces militants très actifs ne plaisent pas à tous les ténors du parti Les Républicains, notamment ceux situés plus au centre et qui soutenaient Juppé. Discrètement, l’ancien finaliste de la primaire exprime sa désapprobation mais s’est tout de même rendu ce mercredi à un déplacement de la campagne de Fillon. D’autres le font plus franchement comme Jean-Pierre Raffarin qui «ne veut pas que Sens Commun dicte sa ligne», Dominique Busserau, ancien ministre et député ou Arnaud Robinet, maire de Reims.