MONDE

Une nouvelle vidéo choc dénonce les exportations d’animaux vivants hors UE

L’association de lutte contre les maltraitances animales L214 dévoile les images dures des conditions de transport et d’abattage du bétail exporté vivant de l’Union européenne.

Ces vidéos continuent de sortir mais choquent toujours autant. Nous avons encore les images de l’abattoir de Tielt en mémoire et le scandale qui a mené à sa fermeture temporaire. Aujourd’hui, ces images sont d’autant plus déplorables qu’elles sont enregistrées en dehors de l’Europe pour contourner les réglementations de l’Union.

Après les dérives des abattoirs français, L214 s’attaque aujourd’hui à la vente de bétail vivant à l’étranger où les abattoirs sont moins réglementés. Avant l’abattoir, le voyage des bêtes n’est pas plus enviable. Les marges de profit sont préférées à l’éthique et la condition animale.

«Chaque année, plus de trois millions d’animaux sont exportés des pays membres de l’Union européenne vers des pays tiers pour y être engraissés ou abattus», dénonce L214. Sur les milliers de kilomètres vers le Maghreb ou le proche-orient, les animaux se déshydratent et se blessent, voire meurent pour certains individus. Au sein de l’UE, aucune réglementation ne limite le temps de transport, si ce n’est le temps maximal entre chaque période de repos (renouvelable indéfiniment): 29h pour les bovins, ovins et caprins, 24h pour les chevaux et les porcs, 19h pour les animaux non sevrés.

Le mauvais sort ne se limite pas au transport pour les bêtes exportées, puisque l’abattage dans les pays hors UE est beaucoup moins encadré. Les producteurs européens ne peuvent plus se contenter du marché interne pour écouler leur viande et se tournent logiquement vers le marché de l’exportation. L’exportation du bétail vivant est plus profitable aux négociants, car les taxes sont réduites par rapport à la viande.

Avec la campagne #StopTheTrucks, l’Eurogroup For Animals veut faire barrage aux longs transports de bétail en demandant une réglementation européenne plus stricte en la matière. L’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark ont déjà demandé à la Commission européenne une révision et un renforcement de la réglementation européenne régissant le transport d’animaux vivants (Règlement CE 1/2005 du 22 décembre 2005). Outre la Belgique, les ministres de la Suède, et l’Autriche ont soutenu l’initiative. Vous pouvez, en tant que citoyen européen, envoyervia cette page une lettre au Commissaire Andriukaitis, en charge de la santé et de la sécurité alimentaire.

L’association française L214 profite de la campagne présidentielle pour interpeller les candidats avec un chiffre interpellant dans une lettre ouverte: «Si 89% des Français se déclarent favorables à la limitation des transports d’animaux à 8h, il semble que nos élus penchent plutôt du côté des 11% d’indifférents.»