FRANCE

Aéroport d’Orly à Paris: un homme abattu après avoir dérobé l’arme d’un militaire

Un Français, connu des services de police et du renseignement, a été abattu samedi par les forces de sécurité après avoir tenté de dérober une arme à une militaire en patrouille à l’aéroport d’Orly au sud de Paris. Le trafic aérien a été suspendu et l’aéroport évacué. L’enquête a été confiée à la section antiterroriste de Paris.

Un Français, connu des services de police et du renseignement, a été abattu samedi par les forces de sécurité après avoir tenté de dérober une arme à une militaire en patrouille à l’aéroport d’Orly au sud de Paris, où le trafic aérien a été suspendu.
Un Français, connu des services de police et du renseignement, a été abattu samedi par les forces de sécurité après avoir tenté de dérober une arme à une militaire en patrouille à l’aéroport d’Orly au sud de Paris, où le trafic aérien a été suspendu.

 

Ce que l’on sait:

- Un homme a été abattu par les force de sécurité de l’aéroport d’Orly.

- Il a tenté de s’emparer de l’arme d’un militaire.

- Le terminal Ouest est rouvert

- L’enquête confiée au parquet antiterroriste.

- L’individu est connu de la police. Ce matin, il avait été contrôlé par des policiers. Il a d’ailleurs blessé un policier en tirant dessus.

 

Un homme a été abattu samedi matin par les forces de sécurité à l’aéroport d’Orly, au sud de Paris, après avoir dérobé une arme à un militaire en patrouille dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Que s’est-il passé ?

L’attaque s’est produite au premier étage du terminal Sud dans la zone publique, juste avant les contrôles. Vers 8h30, cet homme a tenté de dérober un fusil d’assaut Famas «à une militaire puis s’est réfugié dans un commerce de l’aéroport international avant d’être abattu par les forces de sécurité» dans le terminal Sud, selon le ministère français de l’Intérieur.

Un témoin interrogé par l’AFP a indiqué pour sa part avoir vu l’assaillant tenir «en otage une militaire. Il la tenait par le cou, et il menaçait les deux autres militaires avec le fusil de la femme» qu’il tentait d’arracher.

«J’ai entendu des éclats de voix, et j’ai vu des militaires qui tenaient en joue une personne», a expliqué Dominique, un voyageur en partance pour la République dominicaine qui n’a pas souhaité donner son nom de famille.

Selon les premières informations, l’homme se serait réfugié dans un commerce avant d’être abattu .

«Fortement choqués», les trois militaires de la patrouille visée à Orly ont été pris en charge par les secours, selon des sources policières.

L’opération Sentinelle, dont ils font partie, a été mise en place à la suite des attentats de janvier 2015 à Paris.

 

 

 

Trafic suspendu à Orly

 

Le «trafic aérien a été complètement interrompu» et les deux terminaux d’Orly (Sud et Ouest) ont été fermés. Près de 3.000 personnes ont été évacuées du terminal Sud, et les passagers qui se trouvaient dans le terminal Ouest ont été confinés.

Une opération de déminage a permis de constater l’absence d’explosifs, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Un périmètre de sécurité a été mis en place et d’importants moyens policiers ont été engagés.

Vers 14h, le terinal Ouest a rouvert ses portes, le terminal Sud, reste partiellement fermé. «S’agissant d’Orly-Ouest, le terminal est ouvert de nouveau donc le trafic va reprendre progressivement», a confirmé sur Europe 1 le PDG d’ADP Augustin de Romanet. À Orly-Sud, «les arrivées vont pouvoir de nouveau se réaliser» mais pour les départs «on risque de devoir attendre quelques heures avant de rouvrir le terminal», a-t-il ajouté.

L’enquête a été confiée au parquet antiterroriste.

Qui est l’auteur ?

L’auteur est aussi lié à une autre fusillade survenue ce matin. Un peu plus tôt dans la matinée, il avait blessé un policier en banlieue parisienne nord, avec un pistolet à grenaille lors d’un contrôle routier, avant de prendre la fuite.

Il a ensuite été «repéré» à Vitry-sur-Seine (sud de la capitale) après avoir expulsé un conducteur d’une voiture afin de se rendre à Orly à bord du véhicule volé, selon Bruno Le Roux.

Selon certaines sources, il était fiché «J» au Fichier des personnes recherchées. Il était connu pour des faits de droit commun dont des vols à main armée et du trafic de stupéfiants. «Détecté comme radicalisé», il avait fait l’objet d’une perquisition administrative, qui n’avait rien donné.

Le père et le frère de l’auteur sont actuellement entendus. «Il s’agit à ce stade de gardes à vue tout à fait classiques de personnes dans l’entourage d’un suspect», a précisé une source à BFMTV.

«C’a été la panique générale»

- VIDÉOS | Les passagers d’Orly racontent: «Il tenait la militaire en otage»

Des magasins qui ferment leurs rideaux instantanément, des valises abandonnées en plein aéroport: les témoins qui ont assisté à l’attaque ont décrit une scène aussi brève que violente.

«On faisait la queue pour l’enregistrement sur le vol en direction de Tel Aviv quand on a entendu trois ou quatre coups de feu à proximité», a indiqué à l’AFP un voyageur, Franck Lecam, 54 ans, qui se trouvait samedi matin sur les lieux.

«On est tous devant l’aéroport à environ 200 m du hall d’entrée. Il y a des policiers, des secours, des militaires partout qui courent dans tous les sens», a ajouté M. Lecam.

Sofiane Slim, un agent d’escale de la Royal Air Maroc de 30 ans, a cru que «c’était soit un film, soit un exercice d’entraînement». Il se trouvait au rez-de-chaussée quand ont retenti les coups de feu. «C’a été la panique générale: les gens couraient de partout».

 

Courrier piégé au FMI

Depuis les attentats de novembre 2015 à Paris et en région parisienne (130 morts), la France vit sous le régime de l’état d’urgence qui a été prolongé plusieurs fois et doit rester en vigueur jusqu’au 15 juillet prochain.

Jeudi, après l’explosion d’un courrier piégé au siège parisien du Fonds monétaire international (FMI) le président français François Hollande avait estimé que cet événement notamment conduisait «à justifier l’état d’urgence».

«J’ai annoncé, et le Parlement a bien voulu suivre la position qui était la mienne et celle du gouvernement, que l’état d’urgence durerait jusqu’au 15 juillet», a-t-il dit, alors que le garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas avait estimé la veille que les conditions étaient réunies pour une sortie de ce régime civil de crise.