LIÈGE

«Boom Bap sur Meuse» récompensé à Toulouse

«Boom Bap sur Meuse» récompensé à Toulouse

Gaëtan Lino et Martha Regueiro. D.R.

Grâce à «Boom Bap sur Meuse», la radio liégeoise 48 FM rayonne hors des frontières belges. Elle a reçu un prix dans le cadre du festival des radios Sudfo de Toulouse.

La radio universitaire liégeoise 48 FM rayonne une fois encore au-delà des frontières belges. Et c’est grâce à Boom Bap sur Meuse, un documentaire audio sur l’histoire du hip-hop liégeois de 1993 à 2016. Une reconnaissance possible grâce aux sensibilités de Martha Regueiro, coordinatrice à 48 FM et animatrice de l’émission Kult, et de Gaëtan Lino, animateur de l’émission Tu me casses les orteils du Créahm, à entendre sur les ondes de la radio alternative.

Cette fois, c’est en France que leur travail a été primé il y a quelques jours, dans le cadre de la première édition du festival des radios Sudfo de Toulouse, récompensant la création radiophonique. «Les organisateurs nous ont contactés pour que 48FM prenne part au festival. Ils cherchaient la participation de radios étrangères», explique Martha. «On a donc dit oui et envoyé notre création radio. Mais j’ignore comment ils ont entendu parler de nous.»

Quatre catégories récompensaient des radios locales. Sur la vingtaine de participants, ont été primés Radio R d’autan (Réalisation sonore), Radio Galaxy (Divertissement), Radio ciel bleu (Reportage) et enfin 48 FM (Radio francophone).

Le hip-hop, un mauvais genre?

Boom Bap sur Meuse suggère un voyage dans le temps et l’univers du hip-hop liégeois, à travers voix off qui slame, atmosphères sonores, interviews et autres extraits musicaux d’un mouvement qui influence encore l’inconscient collectif. Ce courant artistique, à ses prémices avait pourtant si mauvaise réputation en Cité ardente que le compositeur liégeois André Grétry s’en retournait probablement dans sa tombe.

«C’était un début. Ça foisonnait, ça titubait. Ça voulait déjà faire du tube. Ça arpentait les rues. Ça rêvait plus large encore que la taille des fûts. Ça fusait… infusait. Premier jet, de ce qui s’avéra être un torrent déferlant. Le tout se cristallisa, dans une maison de jeunes perchée dans la cuvette liégeoise», introduit non sans rythmes la voix (off) du slameur liégeois Vol au vent, dans le premier d’un chapelet de trois volets de 30 minutes.

Un instrument pédagogique

Cet outil éducatif est parrainé par Stéphane Dupont, spécialiste du genre qui officiait à la RTBF. Le documentaire est disponible gratuitement sur la toile. Pour sa sortie en décembre dernier, un certain nombre d’exemplaires physiques ont été gravés et commercialisés. Le même mois, certains avaient d’ailleurs été offerts à des artistes de hip-hop sénégalais, lorsque des animateurs de l’ardente radio posaient le pied à Nianing pour y créer la radio Côte FM.

Le public pourra découvrir le documentaire à Liège, lors d’une écoute publique avec débat et cipher (battle d’improvisation) en juin. Mais le lieu et la date demeurent inconnus pour l’instant.

Un récit en trois temps

Les animateurs ont mis deux années à faire aboutir leur projet. «On présente le mouvement et explique comment il s’est créé, en parlant des différentes générations de façon chronologique», explique Gaëtan. «Nous avons visualisé trois générations. Dans le premier volet, on présente comment le mouvement est né et s’est articulé. Ce qui a posé ses jalons et créé une véritable identité du peuple liégeois avec Starflam, qui en est le pionnier, mais pas que.»

Les deuxième et troisième volets poursuivent le récit, à travers des portraits d’artistes du mouvement, notamment de Verviers. Il s’agit «d’artistes issus aussi bien de la musique que de la danse, du graphiti, du deejaying…».

Diverses thématiques sont abordées. Comment l’ancienne génération influence la nouvelle. Comment la technologie et le web ont fait et font encore évoluer le genre. Mais aussi l’exposition des aspects plus techniques des différentes disciplines avec démonstrations d’artistes, comme l’explication illustrée du beat box selon Maxime Finamore du duo Lord and Hardy. «Nous voulions souligner l’aspect sonore», précise l’animatrice.

boombapliege.48fm.com