SYRIE

L’enfer pour toujours plus d’enfants

L’enfer pour toujours plus d’enfants

BELGA

Tués, violés, déplacés, privés de soins et d’instruction… Un rapport de l’Unicef fait état d’une situation de plus en plus dramatique pour les enfants syriens.

Les graves violations contre les enfants en Syrie ont atteint un niveau record en 2016, selon un sombre bilan de l’Unicef sur les effets du conflit sur les enfants, alors que la guerre dure depuis six ans.

Les cas vérifiés de meurtres, de mutilations et de recrutements d’enfants ont augmenté significativement l’année dernière dans un contexte d’escalade drastique de la violence dans tout le pays, indique l’agence des Nations Unies.

Tués, mutilés, violés, embrigadés par les groupes armés: la liste des exactions contre les enfants est longue. Et le nombre de victimes a nettement augmenté entre 2015 et 2016 (voir infographie).

L’Unicef note aussi que les enfants sont utilisés et recrutés pour se battre directement sur les lignes de front et assument des rôles de plus en plus liés aux combats, y compris, dans des cas extrêmes, ceux de bourreaux, kamikazes ou gardiens de prisons.

«Le degré de souffrance est sans précédent. Des millions d’enfants en Syrie sont attaqués chaque jour, leur vie est complètement bouleversée, déclare depuis Homs, en Syrie, Geert Cappelaere, le Directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Chaque enfant est marqué à vie, avec des conséquences terribles sur sa santé, son bien-être et son avenir.»

Ceux qui souffrent et meurent loin des yeux du monde

Les difficultés d’accès à plusieurs zones de Syrie empêchent d’évaluer pleinement le niveau de souffrance des enfants et de fournir rapidement une assistance humanitaire aux filles et aux garçons les plus vulnérables. Au-delà des bombes, des balles et des explosions, des enfants meurent en silence de maladies qui pourraient être facilement évitées. L’accès aux soins médicaux, à des produits essentiels et aux services élémentaires demeure compliqué.

Les enfants les plus vulnérables en Syrie sont les 2,8 millions qui vivent dans les zones difficiles d’accès, notamment les 280 000 enfants vivant en zone assiégée, pratiquement coupés de l’aide humanitaire. Ceux-là meurent et souffrent loin des yeux du monde…

Après six ans de guerre, près de 6 millions d’enfants dépendent maintenant de l’aide humanitaire, un chiffre multiplié par douze depuis 2012. Des millions d’enfants sont déplacés, certains jusqu’à sept fois. Plus de 2,3 millions d’enfants sont maintenant réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Égypte et en Iraq.

En Syrie et au-delà des frontières du pays, les mécanismes de survie s’affaiblissent et les familles prennent des décisions extrêmes pour survivre, poussant souvent les enfants à se marier ou à travailler. Dans plus des deux tiers des foyers, les enfants travaillent pour soutenir leur famille, certains dans des conditions terribles, même pour des adultes.

Et pourtant, malgré les horreurs et la souffrance, de nombreux enfants sont déterminés à garder espoir et à poursuivre leurs aspirations.

«Nous continuons à être témoins du courage des enfants syriens. Beaucoup ont traversé les lignes de front pour simplement passer leurs examens scolaires, indique Geert Cappelaere. Ils persistent à étudier, parfois dans des écoles souterraines. Il reste encore tant de choses que nous pouvons et que nous devrions faire pour changer la vie des enfants en Syrie.»

Unicef Belgique a lancé un appel à la solidarité avec les enfants de Syrie. Les dons peuvent être versés via www.unicef.be/bon ou sur le compte BE31 0000 0000 5555 avec la communication «Enfants de Syrie»