BRUXELLES

Après trois mois à peindre un tableau de 16 mètres de haut, Guillaume Bottazzi est descendu de son échafaudage: «Triste de quitter la place Jourdan»

Guillaume Bottazzi a terminé son immense tableau de 16 mètres de haut depuis quelques jours. L’échafaudage a été retiré ce jeudi à la place Jourdan.

Cela fait plus de trois mois déjà que Guillaume Bottazzi a entrepris son immense tableau de plus de 16 mètres de haut sur un pan de mur d’un immeuble de la place Jourdan. Hier en fin d’après-midi, l’énorme échafaude qui empêchait une vision complète de l’œuvre a été retiré, confirmant la fin du travail de l’artiste français. «Mais ne me demandez pas combien d’heure j’ai travaillé sur celle-ci, je n’en sais rien, rigole le sympathique peintre. Les sentiments se mélangent depuis ce matin. Il y a d’abord eu la crainte de voir l’œuvre abîmée lors de la délicate opération pour enlever l’énorme échafaudage. Il y a également la satisfaction personne de voir le travail enfin terminé. Je suis content de pouvoir inviter le public à venir observer celle-ci pour le plaisir d’ici. Je suis également un peu triste de quitter cette jolie place.»

C’est qu’à force de le voir escalader tous les jours son échafaudage pour peindre pendant des heures, les habitants du quartier c’étaient habitué à Guillaume Bottazzi. «Ce matin, alors qu’on enlevait les affiches, une petite fille s’est même mise à pleurer, raconte le Français. J’ai compris qu’elle était triste de me voir partir, mais je lui ai glissé qu’il s’agissait d’une bonne nouvelle. Il y a eu des réactions qui sont vraiment touchantes et complètement inattendues. Je ne m’attendais pas à ça. La place Jourdan et ses habitants vont me manquer, heureusement, je reviens très bientôt puisqu’on inaugure le tableau le 30 mars prochain.»

Si avant de poser ses pinceaux à quelques mètres de la friterie Antoine, «J’en ai mangé une fois quand même», sourit-il encore, Guillaume Bottazzi avait une idée bien précise du travail qu’il allait réaliser, celui-ci a évolué au fil des semaines. «Mes tonalités étaient par exemple trop éteintes par rapport aux bâtiments, j’ai donc décidé de les rehausser, confirme-t-il. J’ai aussi remarqué que les gens réagissaient beaucoup quand j’ai apporté des couleurs un peu plus chatoyantes. J’ai un petit peu insisté sur celle-ci. Dès que les couleurs ressortaient un peu plus, cela fonctionnait. J’ai donc décidé d’écouter le public. Finalement, c’est aussi un peu l’œuvre du public.»

Après la place Jourdan, Guillaume Bottazzi va désormais repartir travailler ailleurs. «J’ai sept projets en cours, précise-t-il encore. Le prochain est en Belgique, il s’agit d’un travail pour un collectionneur qui me demande de travailler sur un plafond éclairé. Il s’agira d’une peinture transparente.»

Hasard de calendrier ou non, les échafaudages à peine disparu, les travaux de réaménagement de la place Jourdan ont à leur tour débuté. «Les voitures vont laisser place à des espaces pour les terrasses et il y aura un parking sous-terrain, termine un Guillaume Bottazzi qui n’a pas manqué de se renseigner sur le futur de cette espace. Le mobilier urbain reprendra les tons de la fresque. Même l’hôtel Sofitel, à l’autre bout de la même, installera dans quelques mois, une terrasse faisant référence aux couleurs de mon travail.»

Seul, il peint un immense tableau de 16 mètres de haut sur un immeuble bruxellois

Médias russes, chinois, allemands, belges évidemment, cela défile pour venir rencontrer Guillaume Bottazzi sur son échafaudage. «Vous n’avez pas le vertige», nous taquine-t-il en guise d’introduction. Le travail réalisé par l’artiste français est impressionnant. Alors que la commune d’Etterbeek a pour projet de faire rénover la place Jourdan, ce peintre s’est vu confier l’énorme pan de mur d’un immeuble fermant le coin de la petite place bruxelloise pour réaliser une de ses œuvres les plus monumentales. LIRE LA SUITE ...