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Un chercheur canadien exhume un film où apparaîtrait Marcel Proust

Un homme en redingote à la silhouette svelte, petite moustache noire sur un visage ovale surmonté d’un chapeau melon, descend les marches d’une église à Paris... Ce «spectre» qui passe c’est Marcel Proust, affirme Jean-Pierre Sirois-Trahan, professeur à l’université de Laval, à Québec.

Le chercheur canadien a reconnu l’auteur français d’«A la recherche du temps perdu» dans un film 35mm datant du 14 novembre 1904, neuf ans avant la publication à compte d’auteur du premier tome de cette célèbre suite romanesque publiée de 1913 à 1927.

«Ce serait le premier film retrouvé de l’écrivain» (1871-1922), soutient le professeur québécois. S’il existe de nombreuses photos de Proust, on ne connaît aucun film dans lequel il apparaît.

Ce film muet, qui repose dans des archives en région parisienne, présente le mariage d’Armand de Guiche, un ami proche de Proust, et d’Elaine Greffulhe, la petite-nièce de Robert de Montesquiou, le principal modèle de Charlus, personnage central d’«A la recherche».

Pas de chapeau haut

Le film, d’une minute et onze secondes, est visible sur le site du magazine français Le Point qui a révélé cette histoire. Proust apparaît sur l’écran à la 37e seconde. L’écrivain ne fixe pas la caméra placée au bas de l’escalier recouvert d’un tapis.

Jean-Pierre Sirois-Trahan explique sa découverte dans le dernier numéro de la Revue d’études proustiennes. Le professeur, spécialiste de cinéma, a épluché la presse de l’époque qui s’était fait l’écho de ce mariage mondain. Il est attesté que Proust, alors âgé de 33 ans, y a assisté.

Le film montre que, contrairement aux aristocrates qui l’environnent, Marcel Proust ne porte pas la jaquette noire et le chapeau haut de forme de rigueur. Sa redingote est gris pâle, le chapeau melon enfoncé sur la tête.

Il descend l’escalier rapidement et non accompagné. Pour l’universitaire, «on peut deviner là chez Proust une façon «artiste» de se démarquer, d’affirmer sa singularité».