MONS - LA LOUVIERE

Grève des pompiers à Mons et La Louvière: poursuite du mouvement jusqu'à jeudi matin

Après des rencontres entre responsables de la zone et représentants syndicaux, les sapeurs-pompiers ont décidé de poursuivre leur mouvement jusque jeudi 8h. Un calendrier leur a été présenté, mais ils veulent des actes. Ils reprendront le travail demain, mais de nouvelles actions sont loin d'être exclues.
Les sapeurs-pompiers ne font plus confiance à leur état-major et aux politiques du conseil de zone
Les sapeurs-pompiers ne font plus confiance à leur état-major et aux politiques du conseil de zone

Les hommes du feu de la Zone Hainaut-Centre, basés aux casernes de La Louvière et de Mons, ont décidé de prolonger leur mouvement de grève jusque jeudi 8h. A l'issue d'une assemblée avec les représentants syndicaux réunis en front commun (CGSP-SLFP-CSC), ils ont décidé de maintenir la pression sur leur état-major et les responsables politiques siégeant aux Collège et Conseil de zone.

Peu de temps auparavant, le président de zone Pascal Hoyaux, les vice-présidents et le commandant de zone Rudi Milhomme sont venus présenter une feuille de route pour répondre aux multiples revendications des sapeurs-pompiers, excédés par le manque d'investissement dans le matériel, le manque de personnel, ou encore l'absence de règlement de travail harmonisé pour tous les centres de secours. Une réunion de 6 heures pour se mettre d'accord sur un calendrier.

A propos du matériel, c'est promis, de nouvelle ambulances arrivent. 5 seront là le 19 mars, 4 autres doivent suivre, elles sont déjà prévues dans un marché public en phase d'aboutissement. Concernant les marchés publics qui traînent (il y en a 80 en cours), « un état des lieux sera fait chaque mois, durant une demi-heure avant chaque réunion du Collège de la zone », promet Pascal Hoyaux. Les vice-présidents de la zone de secours accompagneront les responsables administratifs pour le suivi de ces marchés.

Les responsables de la zone de secours se sont également engagés à engager un logisticien, dont le rôle sera d'évaluer les besoins en matériel et investissement pour tous les centres de secours de la zone. La tâche qui l'attend est énorme : « cela ira du chauffage à la climatisation à l'infrastructure, etc. Il faudra le temps qu'il se forme avant de fournir l'aide attendue », pointe Rudi Milhomme, commandant par intérim.

Pour ce qui est du recrutement, les procédures vont être lancées. Ce sont 57 pompiers professionnels, 50 pompiers volontaires et 50 ambulanciers qui seront recrutés prochainement. La procédure démarrera une fois que le cadre professionnel sera approuvé par le Gouverneur de la Province.

Concernant l'harmonisation des statuts, point de crispation pour beaucoup de sapeurs-pompiers, elle se fera progressivement, des réunions abordant les différentes thématiques ont été fixées. Et à propos du règlement de travail, attendu depuis le passage en zone, soit depuis...deux ans, il sera élaboré point par point en concertation avec les organisations syndicales.

Tout cela prendra du temps, les décideurs de la zone de secours demandent donc encore un peu de patience. Sauf que de la patience, les agents n'en ont plus. Cela s'est illustré par cette toute première grève opérationnelle de pompiers dans le pays. Et qui pourrait se reproduire si les engagements de ce mercredi ne sont pas suivi d'actes. « On veut du concret », ont de nouveau martelé les agents et leurs représentants syndicaux. « Le préavis n'est pas levé. Les actions continueront s'il n'y a pas d'actions concrètes dans les prochains jours », a averti Eric Dehon, délégué CSC. Les dirigeants de la zone sont prévenus.

De la friture au 100

« Les problèmes de communication sont le talon d'Achille de cette zone », reconnaît Pascal Hoyaux, qui entend y remédier, en rencontrant régulièrement les représentants du personnel. « Le fait de se réunir tous les mois avec les représentants syndicaux permettra de dire pourquoi telle commande n'est pas encore arrivée, quand ça arrivera... » Pascal Hoyaux espère que l'information percolera ainsi à tous les différents postes.

Rudi Milhomme, commandant par intérim, reconnaît également ce souci. « Il y a un manque de communication à différents niveaux. Je m'interroge sur la meilleure manière de communiquer dans une zone où il y a 10 postes différents. Je cherche toujours la réponse. Il n'y a pas une volonté de ne pas communiquer, mais je cherche le meilleur moyen de le faire ».

Une grève administrative qui dure

Ce qui a mis le feu aux poudres la semaine dernière était justement en partie liée à la communication. Le commandant de zone a adressé un courrier invitant les agents menant une grève administrative depuis presque deux ans à cesser ce mouvement. Sans quoi des sanctions financières seraient prises. Les pompiers ont réagi au quart de tour. « Il y a eu une certaine maladresse, admet Rudi Milhomme, mais je souhaite renouer avec un cadre de travail optimal. Pour mener un bon recrutement dans la zone, il faut avoir un climat de travail acceptable pour tout le monde ». Ce qui induit cesser cette grève, qui suscite une surcharge de travail pour les agents qui ne participent pas au mouvement, pointe le commandant de zone ad interim.

« Cette grève, c'était à la base le seul moyen de pression des agents », défend Stéphane Rybczak, de la CGSP. En la déclenchant en mars 2015, les agents espéraient avoir des réponses à leurs questions. Ce qui n'a pas marché vu le barnum de ces derniers jours. « On ne demande même pas une revalorisation barémique, rappelle Stéphane Rybczak, mais juste de faire notre travail dans de bonnes conditions ».

Pas de réquisition

Il n'y a pas eu de réquisition d'agents et de matériel, ni à Mons, ni à La Louvière aujourd'hui. Pour pallier au blocage des deux casernes de la zone, les 8 autres centres de secours ont été renforcés, en rappelant des pompiers volontaires. La solidarité interzonale a aussi joué : les sapeurs-pompiers de la caserne de Nivelles sont intervenus pour un feu de toiture à Bois-d'Haine. Ce feu n'aurait-il pu être qu'un simple feu de cheminée si la grève n'avait pas eu lieu ?