THÉÂTRE - Louvain-la-Neuve

Stéphanie Blanchoud, la boule à facettes

Stéphanie Blanchoud, la flic Chloé Muller de la série belge «Ennemi public», sera de passage du 21 au 25 février, avec une pièce écrite de sa main.

Qui se cache derrière la coupe garçonne, la moue déterminée et les grands yeux de cette jeune actrice belgo-suisse, étoile montante du cinéma belge? Depuis le succès de la série télé Ennemi Public, produite par la RTBF et diffusée en France par TF1, Stéphanie Blanchoud fait parler d’elle. Et beaucoup réalisent que la demoiselle a plus d’une corde à son arc. Actrice, chanteuse et également auteure, elle nous arrive du 21 au 25 février, en Brabant wallon, au théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve, avec une pièce dont elle est l’auteure, Jackson Bay.

Théâtre, télé, cinéma, écriture, concerts, composition… Comment faites-vous pour faire coexister tous ces projets différents?

On me pose toujours cette question-là mais moi je ne me la pose pas. La musique, quand on fait une tournée, ça ne dure jamais plus de 30 dates par an, puisque je reste dans notre petit pays ou en Suisse qui est aussi un petit territoire.

Et puis, l’idée de séparer les métiers d’acteur et de chanteur, c’est une conception très francophone du monde artistique. Pour les anglophones, c’est une évidence. Pour moi, ça forme un tout, et je vais vers l’un ou vers l’autre en fonction de mes envies et des moments. Mais il est vrai que là, depuis la série Ennemi public, j’ai pas mal de propositions pour jouer, donc j’en profite à fond. Mais en fait, je ne suis pas si occupée que ça.

Ici, vous venez à Louvain-la-Neuve avec une pièce que vous avez écrite. Quelle place tient l’écriture dans votre vie?

Une place prépondérante. Écrire est très important pour moi. C’est une manière de me nettoyer, me purifier. Après un projet hyperpersonnel, j’enchaîne avec une création pour quelqu’un d’autre.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le projet «Ennemi public»?

La longueur du tournage, quatre mois, ça avait un côté marathon, il fallait tenir le coup car c’était très fatigant et il fallait que tout aille vite. Et puis, j’ai aussi été séduite par le personnage de Chloé qu’on me proposait, et l’univers. Quand je fais la rencontre de quelqu’un qui me propose un projet avec une si belle énergie, je ne refuse jamais.

«Les mots sont des bouées auxquelles on s’accroche…»

Votre papa est suisse et votre maman est belge, vous vivez où véritablement?

J’habite à Bruxelles depuis de longues années mais je vais souvent en Suisse pour écrire ou passer des vacances ou travailler.

Justement, «Jackson Bay», la pièce avec laquelle vous venez au Vilar a été écrite en Suisse…

Je l’ai écrite dans le cadre d’une bourse à l’écriture que j’avais remportée. J’ai eu un an pour la développer, avec l’aide de Véronique Olmi, une grande comédienne française, qui écrit également des romans. On s’est tellement bien entendues que je l’ai engagée pour jouer un des quatre personnages de ma pièce. Et la pièce a été créée en Suisse il y a quelques semaines. Elle y a reçu un très bon accueil du public, j’étais ravie et je suis super-contente de venir la présenter en Belgique.

En quelques mots, ça raconte quoi?

Jackson Bay est une ville de Nouvelle-Zélande que je connais pour y avoir été. C’est très loin et magnifique. La pièce est un huis clos entre quatre touristes – un couple et deux personnes qui ne se connaissent pas – coincés par une intempérie. Entre eux, ça démarre sur un ton léger et puis, on comprend rapidement que ça ne va pas aller.

Ce que j’essaie de développer, c’est l’humain dans toutes ses tentatives, tout ce qui ne se dit pas. Pour moi, les mots sont des bouées auxquelles on s’accroche, un peu désespérément…

Ce n’est pas la première fois qu’on vous voit au Jean Vilar, et vous venez aussi régulièrement chanter à la Ferme du Biéreau. Quels sont exactement vos liens avec le Brabant wallon?

J’ai vécu à Nivelles durant une dizaine d’années, et du côté de Ophain aussi. Donc, c’est vrai que j’y ai quelques liens. Et par rapport au Vilar, j’ai l’immense chance d’avoir connu Cécile Van Snick (NDLR, sa directrice) il y a plusieurs années, et depuis lors, elle me fait le cadeau de sa confiance, et je la remercie vraiment pour ça car ça représente un soutien énorme pour les artistes de pouvoir compter là-dessus. Alors, je sais que ça paraît toujours trop quand on remercie comme ça mais puisque j’en ai l’occasion je tiens vraiment à la citer.

Vous êtes actuellement en pleine répétition pour une autre pièce, que vous jouez à Bruxelles…

Ce sera dès le 3 mars au théâtre des Martyrs. Je suis un poids plume, un monologue que j’ai écrit il y a deux ans et qui a attendu un peu pour être joué car j’ai dû aménager mon agenda en fonction du tournage d’Ennemi public qui a duré quatre mois.

Ça parle d’une femme qui, au lendemain d’une séparation, débute des cours de boxe. C’est assez autobiographique puisque j’ai débuté la boxe il y a 4 ans et demi suite à une rupture. Me retrouver sur scène pour jouer me fait plaisir après avoir fait de la mise en scène. J’alterne les plaisirs, voilà mon bonheur.