Commission Kazakhgate | Claude Eerdekens: «J’étais inondé d’interventions»

Claude Eerdekens était le président de la Commission de naturalisation quand Patokh Chodiev est devenu belge.
Claude Eerdekens était le président de la Commission de naturalisation quand Patokh Chodiev est devenu belge.-BELGA

Il y avait beaucoup de «recommandations» pour les naturalisations mais il semble que ça ne servait à rien. Premières auditions à la commission.

«Kubla m’a-t-il écrit? Je ne m’en souviens pas.» Claude Eerdekens (PS) était un des premiers témoins convoqué par la commission «Kazakhgate». Il était là en tant qu’ancien président de la commission naturalisation. Et surtout il en était le président quand le milliardaire Patokh Chodiev obtint la nationalité belge, en 1997.

Il avait été convenu que lors de cette première journée on ne parlerait pas du cas précis de Chodiev mais bien du fonctionnement de la commission en question. Mais voilà, Claude Eerdekens a annoncé la couleur assez rapidement.

En effet, dans ce dossier où l’on évoque beaucoup Armand De Decker (MR), apparaît le nom de Serge Kubla (MR), voisin de Patokh Chodiev. Qui fut fort obligeant concernant une servitude. L’ancien élu aurait ainsi envoyé quelques courriers pour recommander son voisin au président de la commission de naturalisation.

Alors ces recommandations? Claude Eerdekens avec sa façon habituelle y a répondu: «J’étais inondé d’interventions. Les requérants écrivaient, des collègues parlementaires, des curés, des dirigeants de clubs sportifs… Au début, j’y répondais, c’est une question de courtoisie et de politesse. Après j’ai délégué cela au secrétariat de la commission.»

Question qui en découle: ces interventions avaient une influence sur l’avancement et l’aboutissement positif des dossiers recommandés? «Mais l’influence de ces interventions était quasiment nulle, proche du zéro absolu. Les gens croyaient que cela pouvait aider. Le politique le laissait peut-être croire ou le croyait. Mais ça ne servait à rien. La commission se basait sur l’avis de la Sûreté de l’État, de l’Office des étrangers et du parquet et sur base du casier judiciaire. N’importe quelle recommandation ne peut effacer un avis du parquet ou de la sûreté de l’État.»

L’homme veut couper les ailes à un canard. Si on a envie de le mouiller dans cette histoire, et de le lier d’un peu trop près à Serge Kubla qui aurait voulu donner un coup de pouce, il faudra trouver autre chose.

Oui, les deux hommes ont échangé des missives mais c’était donc par pure courtoisie et les courriers de l’ex-député -bourgmestre, Serge Kubla (MR), n’ont de toute façon eu aucune influence sur la commission présidée par l’ex-député mais toujours bourgmestre, Claude Eerdekens (PS).

Il faudra attendre la commission de la semaine prochaine pour rentrer, normalement, un peu plus en profondeur dans le dossier en question.