CHIMAY - Tribunal correctionnel de Charleroi

Chimay: tabassée, violée et abandonnée en rase campagne

L’affaire a été jugée au tribunal correctionnel de Charleroi.
L’affaire a été jugée au tribunal correctionnel de Charleroi.-EdA

L’un des abuseurs qui avait abandonné la victime à demi-nue à Rièzes a écopé de sept ans de prison.

Le 15 mars 2010. Un vent glacial souffle encore sur les campagnes de Rièzes, dans la Botte du Hainaut. Une femme frappe à la porte d’une ferme. Pieds nus, la malheureuse a le visage et les mains tuméfiés et ne porte que des haillons. Avant de s’effondrer dans les bras de l’agricultrice, elle balbutie ces quelques mots: «J’ai été tabassée et violée plusieurs fois».

Prostituée occasionnelle, cette dame d’origine indienne venait de subir cinq heures de calvaire. Vers 4 h du matin, deux Slaves l’avaient embarquée de force dans leur voiture, alors qu’elle faisait le trottoir dans la rue Léopold à Charleroi. Tout en roulant en direction de la Botte du Hainaut, les deux hommes l’avaient tabassée et violée chacun à leur tour. Lorsqu’ils se sont aperçus qu’elle tentait d’appeler les secours, ils lui ont pris son GSM et son portefeuille des mains pour les jeter par la fenêtre.

« On va te tuer ou te mettre dans une pièce pour que tu travailles pour nous», l’ont-ils menacée tout en l’obligeant à avoir des rapports buccaux, vaginaux et anaux. Ce n’est qu’une fois le jour levé que la victime a été lâchement abandonnée dans le froid, pieds nus en pleine campagne, les yeux bandés par son t-shirt déchiré.

L’enquête s’est mise en branle immédiatement, ce qui a permis de relever un profil ADN dans la bouche de la malheureuse. Deux ans plus tard, le profil d’un certain Sergeï Avdevnin a matché… mais les enquêteurs ont attendu un an pour l’interroger. Le Russe a tout d’abord nié connaître la victime mais à l’audience du tribunal correctionnel de Charleroi, il a fini par admettre qu’il avait eu recours à ses services, le 15 mars 2010. «Mais j’ai payé et je ne l’ai ni frappée, ni emmenée dans une voiture », a-t-il déclaré.

Selon Me Bruno, son avocat, la prostituée a reconnu qu’elle avait déjà eu des rapports non protégés avec certains clients, ce qui pourrait expliquer la présence du sperme de Sergeï en elle. Suffisant pour instiller un doute raisonnable? Non, dit le juge qui a estimé le faisceau de preuves suffisant pour condamner Sergeï Avdevenin à 7 ans de prison ferme, avec arrestation immédiate.

Le copain du prévenu, en revanche, a été acquitté. Nicolay avait effectivement roulé à bord d’une Opel Corsa noire, comme décrite par la victime. Et il a reconnu avoir reçu une prostituée en «cadeau d’anniversaire » de la part de Sergeï Avdevnin, mais «en 2007 et c’était une Africaine», a-t-il précisé. Mais selon le tribunal, ces éléments sont trop vagues pour établir la culpabilité du client de Me Gras qui avait plaidé avec force son acquittement.