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Trump sera «le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé» et évoque le piratage russe du parti démocrate

Donald Trump tient sa première conférence de presse depuis son élection, il y a deux mois.
Donald Trump tient sa première conférence de presse depuis son élection, il y a deux mois.-AFP

A dix jours de sa prise de fonction à la tête de la première puissance mondiale, Donald Trump a tenu sa première conférence de presse depuis son élection, il y a deux mois. Voici ce qu’il faut en retenir.

«J’ai dit que j’allais être le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé»

Le président élu Donald Trump, qui doit prendre ses fonctions le 20 janvier, a affirmé ce mercredi qu’il serait «le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé», lors de sa première conférence de presse en plusieurs mois.

«Nous allons créer des emplois. J’ai dit que j’allais être le plus grand créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé. Je le pense vraiment», a relevé Trump, depuis sa tour new-yorkaise sur la 5e avenue, après avoir cité plusieurs groupes comme Fiat/Chrysler et Ford ayant pris des engagements concernant leurs activités aux États-Unis.

Il mène une offensive anti-délocalisations pour relancer l’activité industrielle américaine. Il a notamment promis pendant sa campagne d’imposer des droits de douane prohibitifs de 45% sur les importations chinoises.

«Nous avons eu des nouvelles fantastiques au cours des deux dernières semaines. J’ai été très actif du point de vue économique pour notre pays», a estimé Trump, précisant que «beaucoup de groupes automobiles vont s’installer» aux États-Unis.

Et «de grandes nouvelles vont être annoncées dans les deux prochaines semaines de groupes qui vont construire dans le Midwest», a-t-il poursuivi, espérant que le géant automobile General Motors et que l’industrie pharmaceutique suivent l’exemple, avant que d’autres secteurs ne leur emboîtent le pas.

«Il y a une atmosphère fantastique en ce moment, une atmosphère que beaucoup de gens me disent n’avoir jamais vue auparavant», a-t-il estimé.

Le taux de chômage est tombé à 4,7% fin décembre aux États-Unis, soit le niveau le plus bas en neuf ans.

Trump affirme avoir cédé le contrôle de son empire à ses deux fils aînés

Donald Trump a affirmé avoir cédé le contrôle de son empire économique à ses deux fils aînés, Éric et Donald Jr, pour la durée de son mandat, afin d’éviter les soupçons de conflits d’intérêts.

«Mes deux fils ici présents, Don et Éric, vont diriger la société. Ils la dirigeront de façon très professionnelle. Ils ne m’en parleront pas», a déclaré le président élu lors d’une conférence de presse.

La Trump Organization, qui réunit hôtels, immeubles de luxe et parcours de golf dans le monde, ne conclura pas ailleurs aucun contrat à l’étranger pendant la durée du mandat de Trump à la Maison Blanche, et mettra un terme aux contrats actuellement négociés.

«Aucun nouveau contrat à l’étranger ne sera conclu pendant la présidence Trump», a déclaré lors de cette conférence de presse Sheri Dillon, une des avocates Trump. Si de nouveaux contrats sont conclus aux États-Unis, ils seront soumis à un «vigoureux examen», a-t-elle ajoutée.

L’élection de Trump a fait naître des craintes de conflits d’intérêt massifs liés aux activités à l’étranger de son empire, qui est implanté notamment en Turquie, en Corée du Sud ou au Brésil.

Tous les actifs de l’empire Trump seront transférés dans un trust avant l’investiture du président élu le 20 janvier, et il sera placé sous le contrôle de ses deux fils aînés et d’un associé de «longue date», Allen Weisselberg, a détaillé l’avocate, assurant que cette structure «isolera totalement» le président élu de son groupe.

Sa fille Ivanka quittera également ses fonctions à la Trump Organization, dont elle est actuellement la vice-présidente exécutive, a indiqué l’avocate.

Me Dillon a également défendu la décision de Trump de ne pas totalement démanteler son entreprise en la mettant en vente, comme le réclamaient certains experts.

«Le président élu ne doit pas être tenu de détruire l’entreprise qu’il a construite», a assuré l’avocate.

Pour la première fois, Trump a explicitement reconnu le rôle de la Russie dans le piratage du parti démocrate

Trump a dénoncé les fausses informations sur son compte diffusées dans certains médias américains concernant ses liens supposés avec la Russie, dont il a reconnu le rôle dans le piratage du parti démocrate.

Le successeur de Barack Obama est furieux de la publication ce mardi par le site Buzzfeed de 35 pages de notes détaillant des liens allégués de son entourage avec le Kremlin. Il s’en est une nouvelle fois pris aux services américains, qui ont selon lui «peut-être» fait fuiter ces documents dans la presse. «Peut-être les services de renseignement, ce qui serait une tache sur leur réputation», a-t-il déclaré. «Tout est faux», a-t-il martelé. «Cela n’aurait jamais dû être diffusé», a-t-il aussi dit. «C’est une honte».

«Je pense que c’était la Russie»

Pour la première fois, il a également explicitement reconnu le rôle de la Russie dans le piratage des messages de responsables du parti démocrate d’Hillary Clinton. «Je pense que c’était la Russie», a-t-il dit.

Pour cette première conférence de presse depuis juillet dernier, devant au moins 250 journalistes accrédités dans le hall de la Trump Tower à New York, il a pris le contre-pied de ses dénonciations habituelles en remerciant les médias qui ont refusé de publier ces notes à l’authenticité incertaine.

Sur Twitter quelques heures auparavant, le milliardaire républicain avait exprimé sa fureur.

«La Russie n’a jamais tenté de faire pression sur moi. JE N’AI RIEN À VOIR AVEC LA RUSSIE. PAS DE CONTRAT. PAS DE PRÊTS. RIEN DU TOUT!», avait-il écrit.

L’affaire a monopolisé le début de la conférence de presse à la Trump Tower, au cœur de Manhattan. C’est dans ce même bâtiment qu’il avait lancé, le 16 juin 2015, sa candidature après une descente d’escalator désormais célèbre.

Plusieurs médias américains ont fait état ce mardi soir de l’existence de ce document de 35 pages contenant des informations supposément compromettantes sur Donald Trump, ainsi que sur des liens allégués entre son entourage et le pouvoir russe.

Les notes ont été rédigées de juin à décembre 2016 par un ancien agent du renseignement britannique pour le compte d’opposants politiques au candidat Trump. Elles circulaient depuis des semaines à Washington, notamment dans plusieurs médias qui tentaient d’en confirmer les éléments indépendamment. Seul Buzzfeed les a publiées mardi.

Le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer, a vivement condamné Buzzfeed, qualifié de «blog de gauche ouvertement hostile au président élu», au début de la conférence de presse, qualifiant la publication des notes de «scandaleuse et irresponsable».

Le vice-président élu, Mike Pence, a dénoncé une tentative des grands médias de «délégitimer cette élection».

Pas de «Kompromat» sur Trump

Selon CNN, les chefs du renseignement américain ont présenté à Trump, ainsi qu’à Barack Obama et plusieurs responsables du Congrès, un résumé de deux pages de ces notes, ce qui souligne l’importance qu’ils semblent leur accorder. Mais Reince Priebus, futur secrétaire général de la Maison Blanche, a démenti sur NBC que Trump ait été informé vendredi lors de la réunion. Ces informations, malgré de nombreuses zones d’ombre, ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au Congrès.

«Des articles indiquent que la Russie pourrait avoir des informations sur M. Trump. Et ils pourraient les utiliser pour compromettre notre présidence», a déclaré le sénateur démocrate Ben Cardin.

Le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov a assuré que Moscou n’avait pas de «kompromat» (dossiers compromettants) sur le président élu, et qualifié les accusations des chefs espions américains de «falsification totale» destinée à saper les relations avec Washington, alors que Trump prône un rapprochement avec Moscou.

Selon un sondage Quinnipiac University publié ce mardi, 51% des électeurs désapprouvent (contre 31% qui approuvent) la façon dont il remplit son rôle de président élu. Et une majorité d’entre eux jugent qu’il devrait mettre fin à ses tweets.

Conflits d’intérêts

Le président élu, qui n’avait pas organisé de véritable conférence de presse depuis le 27 juillet, devait initialement se plier à l’exercice le 15 décembre pour s’exprimer sur le devenir de son empire immobilier mais avait annulé le rendez-vous.

Question centrale: comment le magnat de l’immobilier tracera-t-il une ligne étanche entre ses affaires et sa présidence tant sa famille a été étroitement associée à sa campagne et à la transition? Trump a donc affirmé avoir cédé le contrôle de ses entreprises à ses deux fils Éric et Donald Jr pour la durée de son mandat, en promettant que cela permettrait d’éviter les conflits d’intérêts avec sa fonction présidentielle.

Son groupe, Trump Organization, est une nébuleuse non cotée en Bourse, avec des activités dans 20 pays, de l’Écosse à Dubaï via les Philippines, de l’hôtellerie au mannequinat en passant par les clubs de golf et les gratte-ciel résidentiels.

Le coût de construction du mur frontalier sera remboursé par le Mexique, assure Trump

Les contribuables américains financeront le budget de construction du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique, mais Mexico remboursera ensuite ce coût, a assuré Trump.

«J’aurais pu attendre un an et demi environ que nous finissions nos négociations avec le Mexique, que nous lancerons immédiatement après ma prise de fonction, mais je ne veux pas attendre», a justifié Trump au sujet de l’une de ses promesses de campagne les plus emblématiques.