SANTÉ

Grippe: l’épidémie, c’est pour la semaine prochaine

Le virus est déjà très actif en Belgique mais le seuil épidémique ne sera sans doute franchi que dans le courant de la semaine prochaine.
Le virus est déjà très actif en Belgique mais le seuil épidémique ne sera sans doute franchi que dans le courant de la semaine prochaine.-Imago/REPORTERS

Le bulletin «grippe» hebdomadaire vient de tomber: il n’est pas encore question d’épidémie. Mais elle n’est vraiment plus très loin. Pendant ce temps, la France se prépare déjà à un bilan «probablement lourd».

«Durant la première semaine de janvier, les données de l’Institut scientifique de Santé publique (ISP) indiquent que l’activité grippale a fortement augmenté à un niveau proche du seuil épidémique de 140 consultations pour 100 000 habitants (on en est à 133, NDLR)»: c’est le message du dernier bulletin hebdomadaire sur la grippe.

«Sur les 21 échantillons envoyés par les médecins vigies (lire ci-dessous), 15 échantillons étaient positifs pour le virus de la grippe, soit 71% des échantillons reçus», annonce l’ISP.

Bref, on a tous pu le constater, si le virus est déjà très actif, «il n’est pas encore question d’épidémie. Selon toute vraisemblance, le seuil épidémique de 140 consultations pour 100 000 habitants devrait être atteint, voire franchi, au cours de la prochaine semaine», résume l’ISP.

Les virologues ont examiné les échantillons: on a surtout affaire à une souche de type A (H3N2). Les vaccins disponibles en Belgique contiennent une souche proche de ce type.

Les sentinelles de l’épidémie

Comment calcule-t-on l’épidémie de grippe? «Nous avons plusieurs sources de données pour évaluer en permanence l’activité grippale, l’intensité et la sévérité de l’épidémie ainsi que son impact sur la population, mais pour la grippe la source la plus importante est le réseau des médecins vigies», explique Nathalie Bossuyt, de l’ISP (Institut scientifique de Santé publique).

Il s’agit d’un réseau de généralistes volontaires, composé de 130 cabinets répartis dans tout le pays. «Ils enregistrent en continu les consultations en médecine générale pour les syndromes grippaux et les infections aiguës des voies respiratoires».

Ce sont eux qui font donc remonter à l’ISP le nombre de patients présentant un syndrome grippal dans le courant de la semaine examinée.

«Chaque semaine également, les médecins participants prennent un frottis nasal chez quelques-uns de leurs patients avec syndrome grippal. Ces frottis sont analysés par le labo du Centre National Influenza (situé à l’ISP), pour déterminer les types et sous-types du virus influenza qui circulent. C’est ce qui ette réseau donne une idée de l’intensité et la durée de l’épidémie», précise encore Nathalie Bossuyt.

La phase de surveillance de la grippe commence systématiquement à la semaine 40 d’une année et se prolonge jusqu’à la semaine 20 de l’année suivante.

La France se prépare à revivre 2015

En France, l’épidémie a commencé il y a déjà plus de trois semaines. Et c’est l’état d’urgence.

La ministre de la Santé Marisol Touraine ne le cache pas: le bilan de cette saison grippale 2016-2017 sera «probablement lourd». Elle vient d’ailleurs de demander aux hôpitaux de reporter les opérations non urgentes pour faire de la place aux victimes de la grippe. Le service des urgences de plusieurs hôpitaux est déjà à saturation.

Les personnes âgées sont particulièrement touchées par ce virus qui se rapproche de celui d’il y a deux ans. Le virus de type A (H3N2) avait fait 18 000 victimes en France.

Treize résidents d’une maison de retraite à Lyon sont morts de la grippe depuis la veille de Noël. Il a fallu en hospitaliser six autres.