Cinq promesses non tenues par Obama (et il ne faudra pas compter sur Trump…)

Il y a eu des échecs sous Obama. Le miracle n’a pas toujours eu lieu. Et ce n’est certainement pas son successeur qui endossera l’héritage...
Il y a eu des échecs sous Obama. Le miracle n’a pas toujours eu lieu. Et ce n’est certainement pas son successeur qui endossera l’héritage... -Reporters / DPA

L’humour, l’intelligence, le charisme, le punch et la capacité d’incarner l’espoir. C’était Obama en 2009 lors de son investiture. C’est toujours Obama en 2017 lors de son discours d’adieu aux Américains. Mais il l’admet: le fameux «yes, we can» n’a pas fait sauter tous les verrous.

Barack Obama l’a montré une dernière fois cette nuit à Chicago: il galvanise toujours les foules. Mais il le reconnaît lui-même: toutes ses «bonnes intentions» n’ont pas pu se réaliser.

1. L’Amérique raciste Lors de son élection en novembre 2008, le premier président africain-américain faisait naître un espoir fou. Une Amérique «post-raciale» qui surmonterait les clivages. Chacun pouvait y croire. Des Blancs avaient voté pour un Noir. Obama était resté prudent dès le départ: «les problèmes raciaux ne seront pas résolus par le seul fait d’élire un président noir». Il avait raison. C’est à une recrudescence d’actes de violence racistes, d’incitation à la haine et d’affrontements entre communautés qu’il a assisté. Attentats contre les Noirs (plus de 115 Noirs abattus par la police rien qu’en 2016 et des meurtres de policiers en retour), les latinos, les musulmans… Mais aussi la communauté juive, les gays, les femmes.

Ce que va faire Trump: c’est ce climat explosif et favorable à tous les extrémismes que Donald Trump arrive. Et avec lui l’ultraconservateur Steve Bannon qui fait copain-copain avec les suprématistes blancs. Que peut-on attendre d’un président qui veut construire des murs?

2. L’Amérique des soins de santé pour tous L’Obamabacare est un échec relatif… L’Affordable Care Act, littéralement la «loi sur les soins abordables» (ou Obamacare) est bien en vigueur en 2014. Obama classe cette incontestable avancée parmi les points forts de ses mandats. Bon point, donc.

Mais les dysfonctionnements sont encore nombreux (les compagnies d’assurances font grimper leurs tarifs, par exemple) et le système reste à la fois très complexe et trop fragile.

Ce que va faire Trump: le président élu a annoncé qu’il voulait la suppression de l’obligation individuelle d’assurance, qui représente selon ses valeurs une atteinte à la liberté individuelle. Mardi, il a d’ailleurs réclamé des parlementaires américains un détricotage «très rapide» de l’Obamacare.

3. L’Amérique des armes à feu En 8 ans, l’Amérique a vécu 33 tueries de masse qui ont provoqué la mort par balles de 287 personnes. On se souvient du massacre le plus emblématique, le plus difficile à vivre selon Obama: le 14 décembre 2012, un jeune homme de 20 ans (Adam Lanza) abat 26 personnes dans une école de Newtown (Connecticut), dont 20 enfants de 6 et 7 ans, avant de se suicider.

À plusieurs reprises, Obama s’est engagé à contrôler le port d’armes. Mais il a systématiquement essuyé le refus des Républicains au Congrès, doublé du rouleau compresseur de la National Rifle Association, le très puissant lobby des armes.

Ce que va faire Trump : le nouveau président veut une liberté totale en la matière, avec une application à la lettre du deuxième­ amendement de la Constitution (le droit des citoyens à détenir des armes). Même si certains États, comme la Californie, ont déjà mis en place des législations strictes sur les armes et les munitions…

4. L’Amérique de Guantánamo C’était pourtant bien parti: le surlendemain de son arrivée à la Maison Blanche, en janvier 2009, Obama met sa signature au bas d’un document qui décrète dans l’année la fermeture de Guantánamo. En 8 ans, le nombre de prisonniers est certes passé de 242 à 55. Mais au large des côtes américaines, la prison reste ouverte.

Ce que va faire Trump : il a déjà dit qu’il voulait que la prison de Guantánamo reste bien ouverte pour la remplir de «bad guys». Lors des derniers transferts de Guantánamo vers d’autres pays, il a prévenu: «Il ne doit pas y avoir davantage de remises en liberté de prisonniers de Guantánamo. Ce sont des gens extrêmement dangereux et il ne faut pas leur permettre de retourner sur le champ de bataille».

5. L’Amérique du cauchemar syrien Obama voulait une solution diplomatique en Syrie. Pas la guerre. Pas Alep. «La situation en Syrie me hante en permanence», admettait le futur ex-président il y a encore quatre mois. «Je ne peux pas dire que nous avons rencontré le succès. Et cela fait partie d’une série de questions et de problèmes du monde avec lesquels je dois m’endormir chaque nuit.» Obama n’a pas voulu s’investir dans un bourbier au Proche-Orient. Poutine a pris toute la place. Il a tout écrasé.

Ce que va faire Trump: il a placé un «pétrolier», Rex Tillerson, au poste de secrétaire d’État. L’ancien patron d’Exxon a l’habitude de traiter avec la Russie et avec ses compagnies pétrolières. Il a reçu de Poutine la médaille de l’ordre de l’Amitié en 2013. Trump, lui, s’est à plusieurs reprises positionné sur la même longueur d’ondes que Poutine. «Bombarder à crever» l’État Islamique en Syrie.