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Charlie Hebdo: rien n’est pardonné

Charlie Hebdo: rien n’est pardonné

Le film s’intitule «Rien n’est pardonné» en référence au premier numéro de Charlie Hebdo après l’attaque titré «Tout est pardonné». © Savage Film/RTBF

Zineb El Rhazoui a survécu à l’attaque de Charlie Hebdo. Depuis, la journaliste est la femme la plus surveillée de France. Cinq ans dans sa vie.

Ce film a été tourné entre 2011 et 2016, soit durant cinq années cruciales dans la vie de Zineb El Rhazoui: printemps arabe, départ de son pays, le Maroc, attaque de Charlie Hebdo… la journaliste aura été marquée durablement par ces événements.

Elle est une militante active du mouvement citoyen du 20 février. Pas vraiment par choix: «En tant que journalistes, ils (NDLR: les représentants du pouvoir marocain) nous ont forcés à devenir des opposants et des militants, alors que tout ce qu’on voulait, c’était faire notre métier honnêtement.» Lasse des menaces et des intimidations, elle part pour Paris où elle rejoint la rédaction de Charlie Hebdo. Là, elle a trouvé «un job, une famille, une équipe, la possibilité de concilier vie personnelle et convictions». Un nouveau départ, dit-elle.

On suit les locaux incendiés, les manifs dans plusieurs pays du monde, contre le journal et ses caricatures jugées insultantes… On sent la tension quand Zineb El Rhazoui repère un «salafiste» qui se promène tranquillement au pied de l’immeuble et la police, stationnée là, qui ne réagit pas. Charb, Cabu et les autres, ils sont encore tous là autour de la table. Les menaces, ils en rigolent, l’ambiance est toujours à la plaisanterie.

Mais au matin du 7 janvier, l’attaque lui enlève «mon insouciance, mes amis, mes collègues, ma liberté», dira-t-elle. Elle se confie sur «le syndrome du survivant», sur sa culpabilité d’être encore en vie, d’être encore là pour enterrer les gens. Depuis, elle vit sous surveillance policière, 24h sur 24 et elle a finalement décidé de quitter l’hebdo satirique, dans lequel «elle ne se retrouve plus» en septembre dernier.

La Une, 22.10