Charles Michel: «La Sécurité sociale, on ne la défend pas avec des slogans»

Fin de la trêve des confiseurs. C’est la rentrée politique. Pour Charles Michel, c’est fait. Sans s’embarrasser des débats du jour (les accises sur le tabac), il répète son credo: des réformes, des emplois.

«Ne pas prendre de décision, c’est reculer.»

Sur les ondes de nos confrères de Bel RTL, le Premier ministre Charles Michel se dit mobilisé «à 1000%» sur ce qu’il appelle des «réformes utiles, le plus possible dans la concertation sociale». «Même si elles sont parfois à court terme impopulaires. Parce que les résultats se font déjà sentir», affirme-t-il.

1. «LA» priorité: job (job, job) et classes moyennes On l’aura compris. Le Premier a un leitmotiv: continuer les réformes «pour créer des emplois supplémentaires et défendre mieux les classes moyennes. Ceux qui ne sont ni riches, ni pauvres mais qui sont souvent sous pression.»

2. Attentats: «Je n’ai pas toujours dormi tranquille» Deuxième priorité du Premier: la sécurité.

 

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Nous allons renforcer les services de renseignement pour prévenir les passages à l’acte

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«Pendant les fêtes de fin d’année, je n’ai pas toujours dormi tranquille. Je mesurais bien que c’était un moment délicat. Les dispositions étaient prises. Et dans les prochains mois, nous allons continuer à rester vigilants. On va tout mettre en œuvre pour élever le degré de sécurité. Le risque zéro n’existe pas. Mais nous allons renforcer les services de renseignement pour prévenir les passages à l’acte.»

3. Tabac et alcool: le débat accises Quand le ministre des Finances tire sur une corde (augmenter les recettes fiscales en réduisant les accises sur le tabac), la ministre de la Santé tire dans l’autre sens (pas question d’encourager la consommation de tabac et d’alcool).

Charles Michel met officiellement le débat au frais: «Il n’est pas à l’ordre du jour maintenant. On en débattra lors du contrôle budgétaire. Je suis pragmatique. Nous allons regarder finement les implications, évaluer les recettes et prendre des décisions. Mais pas maintenant!»

4. «L’héritage» Il y a encore trop de taxes en Belgique, notamment sur le travail? «Exact! Nous avons un héritage. Dans le passé, on (le PS, NDLR) a souvent choisi la facilité et comblé des trous budgétaires en taxant les gens qui travaillent.» Lui, il fait tout le contraire, soutient-il. «On rend 8 milliards d’euros aux contribuables, aux gens qui travaillent et à ceux qui créent de l’emploi. C’est le tax shift. D’autres baisses d’impôts vont intervenir pour les bas et les moyens salaires.»

5. L’impôt des sociétés: «on y était presque» Il reste le gros chantier de la réforme de l’impôt des sociétés. «En vérité, en octobre, on était proche d’un accord assez large sur le dossier. Je vais tout mettre en œuvre pour réussir cette réforme en 2017.»

6. La Sécu: «le dernier rempart» «On doit réformer notre Sécurité sociale, en garantir son financement durable. Un exemple: le domaine des pensions. Si on ne décide pas des réformes pour un financement durable, on aura un problème parce qu’on vit de plus en plus âgé. Les soins de santé jouent aussi…»

 

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«Mon gouvernement est le meilleur ciment, le meilleur rempart pour éviter un démantèlement de la Sécurité sociale»

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Et on résout les difficultés en tranchant dans le lard? Avec des coupes brutales? «Il faut tordre le cou à certains canards. Dans les faits, on va augmenter de 500 millions d’euros le budget des soins de santé. Quand on réduit par exemple la consommation élevée d’antibiotiques, on améliore le remboursement dans d’autres domaines».

Pas question d’un démantèlement, martèle-t-il. «Mon gouvernement est le meilleur ciment, le meilleur rempart pour éviter un démantèlement et garantir le financement de la Sécurité sociale, les pensions, les soins de santé. La sécurité sociale, on ne la défend pas avec des slogans mais avec des réformes pour créer de l’emploi.»

7. L’ambiance On ne voit encore sur le dossier des accises: au sein de la coalition, les partenaires flamands se tirent dans les pattes. Selon Charles Michel, pas de quoi en prendre un pour taper sur l’autre.

 

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Il faut faire de la psychologie. Parfois ça prend un peu plus de temps…

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«Il faut parfois faire de la psychologie, relativiser. On est dans une coalition. On doit chaque fois amener des partis concurrents à être partenaires pour prendre des décisions. Parfois ça prend un peu plus de temps… Mais quand je regarde le travail des deux premières années, jamais un gouvernement n’a pris autant de décisions difficiles en si peu de temps. Elles sont parfois impopulaires à court terme mais elles ont des effets, notamment sur l’emploi.»