Initiatives citoyennes

La disette ne guette pas le Frêne GAL

L'aventure du Frêne GAL continue son petit chemin. Les membres s'impliquent et s'appliquent dans cette initiative citoyenne.
L'aventure du Frêne GAL continue son petit chemin. Les membres s'impliquent et s'appliquent dans cette initiative citoyenne.-Gossey

Avec ses 97 membres aux profils vraiment variés qui commandent chaque année pour plus de trente mille euros, le GAL frasnois montre sa «durabilité».

« Une de nos membres m’a dit qu’elle n’allait plus au magasin que pour acheter du papier WC», se réjouit Martine Hainaut.

Cette Forestoise, dont le papa fut un des premiers agriculteurs bio dans notre région (dès 1969), se trouve à l’origine de la création du groupement d’achat local Frêne GAL, qui tient sa permanence et remet ses paniers chaque samedi matin en la salle de la Belle-Eau à Frasnes-lez-Buissenal.

+ Notre enquête sur les initiatives citoyennes | Déclic citoyen

+ Les initiatives citoyennes dans votre commune | Carte interactive

C'était en décembre 2012, après une présentation du projet réunissant au Parc naturel du Pays des Collines (Ellezelles) des producteurs locaux et des associations venues partager leur expérience. A l'époque, Martine Hainaut était déjà active dans le groupe Solidarité de Frasnes, demandeur de ce type de démarche. La livraison de la première commande - pour trois personnes - eut lieu le 23 février 2013.

Aujourd’hui, Frêne GAL rassemble treize producteurs et son listing compte 97 personnes, dont la majorité paie une cotisation d’un euro par mois (+ un forfait annuel de trois euros) pour devenir membre.

«Chaque année, ça se renouvelle. Mais tout le monde ne vient pas chaque semaine. ça dépend de la taille du ménage, des vacances…» précise Jean Ronveaux (Buissenal) qui a rejoint le groupe dès le début.

Le fonctionnement du GAL est enfantin: «En cinq minutes, c’est fait ! assure Martine. Le consomm’acteur compose son panier de produits le mardi ou le mercredi sur notre site internet. Il sait ce qu’il va payer et nous règle le montant par virement. Le producteur prépare la commande et la livre le samedi matin. Il sait, et c’est important, qu’il recevra son argent dès le lundi. Les paniers sont retirés de 8 h 30 à 10 heures, ainsi chacun peut mener d’autres activités.»

Le principe est surtout participatif: «Aller chacun chez un producteur, c’est lourd, ça prend du temps. Ici, on se rend service mutuellement, c’est vraiment une démarche de solidarité

Les bénévoles se relaient pour le transport, la préparation des paniers - «On est efficaces: en une demi-heure, on arrive à tout mettre dans les bacs» - assurer la promotion, etc. Le groupement ne fonctionne que grâce à la participation, même si celle-ci varie selon les possibilités ou le charisme de chacun.

« Je suis maman de deux garçons, explique Tania Platteeuw (Montrœul). Mes avant-midi du samedi sont déjà bien chargés. C’est pourquoi j'ai choisi de m’occuper de la comptabilité.»

 

Chacun apporte sa petite pierre

 

Mais que peut-on acheter par l’intermédiaire de Frêne GAL? Absolument de tout: des légumes et des fruits de saison, des confitures, du miel, des jus et de la bière, des viandes et de la charcuterie, des laitages et des fromages, des volailles, du pain, des plats préparés, du chocolat.

Une fois par mois, l’étalage virtuel se complète de produits du monde Oxfam (vin, thé, café, cacao, apéro, softs…) Mieux encore, toujours dans le même esprit de promotion du circuit court, trois fois par, des producteurs de Pays du Sud ramènent des agrumes, des olives, de l’huile, du vin… 

« Pour que ça fonctionne, on ne voulait pas de panier tout fait, car beaucoup de nos membres ont un élevage ou/un potager

Ils ont juste arrêté les glaces (« trop compliqué au niveau de la chaîne du froid») et refusent de vendre des produits qui ne respectent pas par exemple le bien-être des animaux.

Une moitié des producteurs sont bios, pour une «part de marché» de 60%. Certains franchissent le pas. La charte du GAL est très précise: les «doublons» sont évités. On assure le producteur d’une régularité dans les commandes. «Et le juste prix, c’est celui qu’il fixe. On ne négocie pas! »

En revanche, il s’engage à ne pas se fournir chez un tiers sans le signaler. «On a créé une démarche dynamique de solidarité collective entre des gens, comme un marchand de poulets et le client qui naturellement n’ont pas de solidarité, commente Jean Ronveaux, positivement étonné de voir beaucoup de jeunes couples actifs avec enfants, rejoindre le GAL.

" Ce ne sont pas des personnes âgées qui ont du temps ou des bobos. Les deux travaillent… On a de tout. Il y a une ouverture. Nous sommes vraiment dans un projet de développement."