Initiatives citoyennes

Des Liégeois qui ont choisi le bio avant tout le monde, il y a 30 ans

Micheline Halleux, co-fondatrice de la coopérative «Le Temps des Cerises».
Micheline Halleux, co-fondatrice de la coopérative «Le Temps des Cerises».-ÉdA Hermann

La coopérative «Le Temps des Cerises» est née en 1987, dans le quartier du Laveu à Liège. Trois décennies plus tard, elle reste fidèle à ses fondamentaux, avec ses coopérateurs et sa clientèle fidèle. Et ses produits bio, toujours.

Le choix semble de plus en plus évident. Mais opter pour le bio voici presque trente ans demandait une dose de témérité. C’est en 1987 en effet qu’est né Le Temps des Cerises, dans le quartier du Laveu à Liège. Cette coopérative joliment nommée existe toujours. Elle fait plus que jamais partie de la vie du quartier, avec son épicerie implantée dans le bas de la rue du Laveu.

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L’aventure a débuté avec une cinquantaine de coopérateurs, au printemps 1987. «En réalité, l’initiative est issue de la réunion de quatre GAC (groupes d’achats communs) du Laveu. Au lieu de se compliquer la vie en allant chercher les produits un peu partout dans la région, l’envie est née de créer un lieu qui réunirait le tout», rappelle Micheline Halleux, un des fers de lance du Temps des Cerises, qui travaille toujours sur place.

 

Une vraie épicerie de quartier

Les principes de base sont toujours d’actualité. Il s’agit d’une coopérative de consommateurs – et non de producteurs. «L’idée de l’épicerie de quartier est très importante, avec un vrai ancrage local. Nous voulions créer de l’emploi aussi.» Et puis les articles s’inscrivent résolument dans la veine du bio.

En 1987, une cinquantaine de coopérateurs se sont réunis autour du projet. Ils sont plus de 300 aujourd’hui, «avec un gros pourcentage qui provient des alentours proches, en tout cas de ce côté de la Meuse, et même sur le flanc de vallée qui comprend le Laveu, Cointe, Saint-Gilles etc.», poursuit Micheline Halleux.

 

Dans les anciens locaux Broze

 

À l’époque, le capital se divisait en tiers: un tiers pour les coopérateurs, un tiers pour chacune des deux fondatrices qui allait travailler dans l’épicerie, dont Micheline Halleux. La structure est sensiblement restée la même jusqu’à présent.

Les principes fondateurs n’ont pas vacillé. Mais l’épicerie a quant à elle bien grandi. «Au départ, nous nous trouvions dans un petit local de 50 m2, rue de Joie». En 1990, les locaux de la maison mère des jouets Broze se sont libérés. La coopérative a saisi l’opportunité et y a installé un magasin plus de trois fois plus grand. Depuis lors, les travaux d’agrandissement se sont succédé, Le Temps des Cerises étant devenu une belle et spacieuse épicerie.

 

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À l’époque, on ne parlait pas encore de “bio”, mais ce type d’alimentation se trouvait dans les rayons “régime”.

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Trois décennies après la création de l’épicerie, «nos principes sont toujours identiques à ceux du début», explique Micheline Halleux, qui se définit comme «une soixante-huitarde pur jus».

En matière de consommation et d’alimentation, une prise de conscience est sans doute en cours. Le Temps des Cerises avait-il raison avant tout le monde? «À l’époque, on ne parlait pas encore de “bio”, mais ce type d’alimentation se trouvait dans les rayons “régime” par exemple. Nous avons choisi de ne faire que du bio, pas uniquement dans l’alimentaire.» Cette démarche était sans doute novatrice.

 

Des précurseurs

 

L’idée de la coopérative, modèle qui fait ses preuves aujourd’hui (en région liégeoise particulièrement) s’est elle aussi avérée judicieuse. Micheline Halleux et les autres fondateurs du Temps des Cerises font aujourd’hui figure de précurseurs. «Le projet vit toujours, il vivra encore. Mais si on devait créer le Temps des Cerises en 2016, je ne suis pas certain que nous y parviendrions encore», notamment en raison de la concurrence.

«Il est bien court, le temps des cerises», dit la chanson. La coopérative liégeoise a prouvé le contraire, en prenant le train avant les autres.

Des Liégeois qui ont choisi le bio avant tout le monde, il y a 30 ans Le Temps des Cerises vit également grâce à une équipe d’employés en phase avec le projet.-ÉdA Hermann