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Système d’échange local (SEL): quand la tondeuse croise un piano

Au hit-parade des échanges dans les systèmes d’échange locaux (SEL), on trouve des travaux de jardinage.
Au hit-parade des échanges dans les systèmes d’échange locaux (SEL), on trouve des travaux de jardinage.-EdA

La réciprocité... C’est le principe de base d’un système d’échange local (SEL). C’est bien beau mais on échange quoi, en fait?

«Il y a vraiment de tout mais je dirais qu’au hit-parade, on trouve des travaux de jardinage ou encore du bricolage», répond Marie, qui assure avec quelques autres la coordination de celui de Villers-la-Ville.

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La Brabançonne se souvient avec amusement de cette fois où une famille avait demandé un bain quotidien via le SEL. Et une voisine, membre du SEL, avait accepté.

«Ces gens faisaient des travaux chez eux et n’avaient plus de salle de bain. Alors le soir, la famille traversait la rue comme des petits canards et allait prendre un bain dans la maison d’en face.»

Mais un SEL permet aussi de s’offrir un peu de plaisir à bon compte. «S’offrir un massage relaxant, c’est très chouette mais tout le monde n’a pas 50 ou 60 euros à consacrer à cela. On a dans le SEL pas mal de dames qui ont cette compétence. Alors une heure de SEL pour un massage, c’est tout à fait accessible.»

Marie Gribomont n’est pas la dernière à saisir ce qu’elle qualifie elle-même d’opportunités.«J’avais un repas à organiser pour une dizaine de personnes. Avec un traiteur, ça m’aurait coûté trop cher. Alors j’ai demandé au SEL si des gens étaient intéressés. Plusieurs ont répondu positivement. J’ai fait mon choix et j’ai pu ainsi avoir un magnifique repas qui ne m’aura coûté que les matières premières et quelques heures de services à rendre.»

Et pour le mariage de sa fille, la robe de Marie fut réalisée par une institutrice, membre du SEL et qui aimait coudre.

 

On n’est pas comme chez Airbnb

 

«Le SEL, c’est un tas de belles petites histoires», raconte Marie Gribomont.

«Il y a même un réseau international où on peut échanger des maisons pour ses vacances. Évidemment, on prend le risque de l’inconnu. On n’est pas chez Airbnb... Mais que ce soit une nuit dans un grenier poussiéreux ou un joli petit meublé, il y a toujours des rencontres extraordinaires à la clé. Il faut juste avoir un petit goût de l’aventure», sourit-elle.

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Le Sel coup de pouce permet parfois des échanges ou des prêts d’objets. «Le tout, c’est de pouvoir accorder ses violons sur leur contrevaleur en temps. Parfois, on doit même procéder à des arbitrages. Mais ce ne sont jamais des objets de grande valeur.»

Quoiqu’à propos de violons, Marie se souvient avoir vu passer une annonce où une personne proposait un piano. Mais bon, c’est plutôt l’exception.