Déjà la 30e édition du Balfroid: testez la 1re dictée préparatoire


Lancé en 1988, le concours du Balfroid entamera en janvier sa 30e saison. Avec une popularité toujours aussi grande.

C’est assurément la plus grande compétition proposée chaque année aux élèves de sixième primaire. Une dictée qui permet de révéler les talents francophones, mais aussi de motiver des centaines de classes à l’importance de l’orthographe. Cet objectif était déjà bien présent en 1988, lors de la première édition, mais à une échelle bien plus réduite. «Des collègues m’ont incitée à monter ce concours, se souvient Liliane Balfroid. La première édition était réservée aux classes bruxelloises. Nous avions réuni 87 élèves. L’année suivante, des classes du Brabant wallon ont souhaité participer. Et dès la 3e année, avec le soutien de Régis Dohogne, alors secrétaire général de l’enseignement catholique, ce sont toutes les provinces wallonnes qui ont emboîté le pas.» Timidement puisque 27 élèves étaient inscrits en province de Namur! Grâce notamment à la retransmission de la finale en télé, le concours a rapidement gagné en popularité pour dépasser les 2 000 élèves lors des six demi-finales.

Aujourd’hui, ce nombre de participants est stable. Peut-on en dire autant du niveau de l’orthographe des élèves? Liliane Balfroid ne sort même pas son joker… «On se rend bien compte que le niveau général a baissé. La règle n’a pas changé, il ne faut pas dépasser les 5 fautes pour décrocher sa qualification. Les dictées ne sont pas nécessairement plus faciles au fil des années, mais elles sont tout de même plus courtes. Plus que la quantité, c’est la qualité que nous visons. Notre but est simplement d’encourager les enfants à l’exercice de l’orthographe.»

En préface de cette 30e édition, nous proposerons ces prochaines semaines des dictées préparatoires et leur correction chaque lundi en ces colonnes. Sur lavenir.net, on peut retrouver en vidéo cette dictée enregistrée par Liliane Balfroid en compagnie d’élèves de l’école Sainte-Marie, de Suarlée.

Une première dictée préparatoire

30 ans! Un jubilé à réussir! Pour cette première dictée préparatoire à notre 30e édition, déjà! revoyons les règles de base.

L’accord du verbe

Quand un verbe est à un temps simple, examinons-en le sujet.

– Les bois nous montrent: verbe montrer au présent de l’indicatif, à la troisième personne du pluriel.

– Les arbres se mirent: même réflexion, et se reflètent: du verbe refléter, dont l’accent grave se mue en accent aigu.

– on croit: verbe du 3e groupe, 3e personne du singulier, avec un «t».

– Le paysage s’agrandit: verbe du deuxième groupe, demande aussi un t à la troisième personne du singulier; s’amplifie: du premier groupe, avec «e».

– Des promenades nous amènent: du verbe amener, prenant un accent grave devant une syllabe muette.

Faisons: première personne du pluriel du verbe faire, irrégulier, à l’impératif présent.

– amusons-nous: à l’impératif aussi, mais exigeant un tiret entre le verbe et le pronom personnel.

– Apprécions: du même type.

–… que nous réservent les sentiers: ici, le sujet suit le verbe et conditionne celui-ci.

Si le verbe est conjugué à un temps composé, nous aurons automatiquement un accord de participe passé.

– Les rouges et les ocres,…, nous ont séduits: participe passé du verbe séduire, employé avec l’auxiliaire avoir, et dont le complément direct, nous, est placé devant; d’où le s final; il faut aussi garder le «t», car au singulier on a séduit, séduite.

– Les poètes ont chanté la mélancolie: ici le complément direct est derrière, aucun accord n’est nécessaire.

–… et nous ont donné l’envie: même règle.

Des attributs du sujet

– nous voici,…, éblouis: nous sommes éblouis; éblouis est l’attribut de nous et donc au masculin pluriel.

– la magie semble doublée: semble est un verbe copule amenant l’attribut de magie, au féminin singulier.

De simples adjectifs qualificatifs.

– de multiples couleurs: l’adjectif et le nom qu’il qualifie sont soudés et donc du même nombre, au pluriel.

– l’eau limpide, au singulier; il faut toujours un «m» devant un autre «m», un «b», ou un «p».

– cet effet somptueux : au singulier; toujours un «x» à la fin des noms et des qualificatifs en eux.

– d’un bleu pur, Des promenades indéfinissables, des endroits insoupçonnés, les feuilles mortes, les sentiers forestiers.

Voilà déjà de quoi nous rafraîchir la mémoire. À la semaine prochaine pour de nouveaux exercices.

LE TEXTE DE LA DICTÉE

 

De multiples couleurs

 

L’automne revenu, nous voici, une fois encore, éblouis par de multiples couleurs allant du plus clair au plus foncé. Les bois nous en montrent à profusion et parfois la magie semble doublée.

Quand les arbres se mirent dans l’eau limpide d’une rivière et se reflètent dans celle-ci, on croit rêver. Le paysage s’agrandit, s’amplifie dans cet effet somptueux. Les rouges et les ocres, détachés sur le ciel d’un bleu pur, nous ont séduits. Des promenades indéfinissables de douceur nous amènent dans des endroits insoupçonnés.

Les poètes ont chanté la mélancolie de l’arrière-saison et nous ont donné l’envie d’y goûter (gouter).

Faisons crisser les feuilles mortes et amusons-nous à les jeter au vent. Apprécions aussi le silence que nous réservent les sentiers forestiers.