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VIDÉO | Ces lieux publics où les femmes deviennent indésirables

Le sexisme en rue reste un fléau dans bien des quartiers. C’est ce que Nadia Remadna et Aziza Sayah ont une nouvelle fois démontré dans un reportage édifiant diffusé dans le journal de France 2 mercredi soir.

Le reportage de France 2 est édifiant. En banlieue parisienne, deux représentantes actives pour l’association de défense des droits des femmes «La brigade des mères» poussent les portes de ces lieux publics qui semblent aujourd’hui interdits aux femmes.

Dans un bar fréquenté uniquement par des hommes, ces deux femmes se sont heurtées à un accueil fort peu chaleureux…

 

«Femme de la rue»

 

Ce reportage rappelle évidemment le document « Femme de la rue », tourné sur le même principe de caméra cachée par Sofie Peeters dans les rues de Bruxelles et qui avait marqué les esprits en dénonçant, chez nous, une autre forme de sexisme au cœur de nos villes: le harcèlement en rue.


Société : quand les femmes sont indésirables dans les lieux pu
Sofie Peeters - Femme de la rue (Bruxelles) par Spi0nblics

Mais le problème ne concerne pas que la Belgique et la France ou l’Europe. On se souvient en effet qu’une Américaine, dans la foulée du reportage de Sofie Peeters, avait réalisé le même principe de reportage pour dénoncer les nombreuses remarques sexistes et machistes à son encontre dans les rues de New York.

 

Le sexisme, une «forme de violence»

 

Le sexisme en rue n’est, hélas, pas chose nouvelle: «On demande toujours aux femmes d’être plus courageuses que les hommes», précisait récemment Isabella Lenarduzzi, directrice du JUMP, qui lutte contre les inégalités entre hommes et femmes. «C’est beaucoup plus compliqué pour une femme de se révolter […] Le sexisme est une véritable forme de violence. […] Ole Petter Ottersen, le recteur d’Oslo (Norvège), parle de micro-agressions répétées. À force de nous entendre dire que notre premier job, c’est de servir les autres, de s’occuper de sa famille, on voit le monde autrement.

 

Une minorité d’hommes concernée, mais…

 

Heureusement, le problème n’est pas généralisé, tel qu’a voulu le démontrer Nicola Simpson, une jeune femme qui s’est baladée dans les rues d’Auckland, en banlieue de San Francisco, dans le but de démontrer que la majorité des hommes gardaient une attitude digne vis-à-vis d’elle et de ses déambulations.

Mais si le problème concerne à ce jour une minorité d’hommes, force est de constater qu’il persiste et se durcit même dans certains quartiers. «Dire qu’il n’y a plus de sexisme, c’est comme dire qu’il n’y a plus de racisme», mettait en garde Isabelle Lenarduzzi.