MONS

Non, Mons ne désinvestit pas ses musées, répond l'échevine de la culture

L'Artothèque accueillera une exposition consacrée à Victor Hugo en 2017
L'Artothèque accueillera une exposition consacrée à Victor Hugo en 2017-Ugo PETROPOULOS
C'était la polémique de la semaine à Mons: la ville est-elle encore en mesure de prendre en charge tous ses musées et sites d'exposition? Aucun site n'est abandonné pour l'année prochaine, souligne Savine Moucheron, qui dévoile une programmation tournante sur l'ensemble des lieux culturels gérés par la ville. Mais des efforts sont aussi demandés aux associations culturelles.

Non, Mons n'abandonne pas ses musées, ni ses sites d'exposition. Après la fuite d'un document faisant office de plan stratégique pour le Pôle Muséal en 2017, une polémique sur l'avenir et l'utilisation de certains sites s'est vite déclenchée. Mais l'échevine de la culture Savine Moucheron l'assure: il n'y a pas à craindre de la fermeture de l'un ou l'autre site. 

Ce plan stratégique, il faut plutôt le voir comme un "axe fort" du développement du Pôle muséal après Mons 2015, selon l'échevine. "Il repose sur deux constats: on a eu une bonne fréquentation de nos musées en 2016, qui s'approche des 100 000 visiteurs, mais on se rend compte que les Montois ne consomment pas assez la culture dans leurs musées. Notre deuxième constat, c'est que l'on ne peut plus demander à nos agents d'assurer des expositions partout, tout le temps".

Le pôle muséal va donc mettre en place une nouvelle organisation où ses sites vivront à tour de rôle et où le public sera intégré dès le départ dans la gestion de certains projets. Le Pôle muséal a aussi instauré une gradation à 4 niveaux suivant les moyens aloués à chaque activité.

Le premier niveau, c'est l'exposition de prestige au BAM style Andy Warhol en 2014 ou Van Gogh en 2015. Et l'activité-phare pour 2017, ce sera une exposition consacrée à David LaChapelle, qui se déroulera au BAM à l'automne prochain, un des photographes contemporains les plus cotés, actif dans la publicité mais qui a aussi tiré le portrait à pas mal de stars américaines, de Britney Spears à Leonardo Di Caprio. Ce sera donc la plus grosse expo l'année prochaine.

Victor Hugo et les panais

Au niveau 2 de la nouvelle échelle, on trouvera trois activités. La première, consacrée à Victor Hugo, fera vivre l'Artothèque et le Beffroi. L'auteur français du 19e siècle a visité Mons en août 1837, un parcours en ville rendra également compte des endroits visités. Deuxième activité: une exposition sur la nourriture en temps de guerre, au Mons Memorial Museum. Un potager partagé sera également installé, où seront plantés les légumes ou plutôt les racines (styles panais) qui ont permis à nos ancêtres de survivre. 

Quant à la troisième activité de niveau 2, ce sera la Nuit des Musées, gros succès de l'année 2016, et qui a attiré plus de monde qu'en 2015 alors que la nuit est passée de gratuite à payante...

Les salles d'exposition comme les Anciens Abattoirs et la Salle Saint-Georges vivront à l'occasion "d'activités de niveau 3", soit une exposition dédiée au peintre carolo Charles Szymkowicz, qui a été diplômé à l'académie des Beaux-Arts de Mons et qui a vendu une de ses oeuvres à ce qui s'appelait à l'époque le Musée des Beaux-Arts de Mons. Durant l'été, d'autres talents du cru, plus jeune cette fois, seront mis à l'honneur via une exposition qui mettra en lumière les 10 meilleurs étudiants sortis ces 10 dernières années de l'académie des Beaux-Arts.

Enfin le niveau 4, reprend toutes les activités de type journée familles, les événements coorganisés avec d'autres structures...

Associations, on compte sur vous

Finalement, si aucun site n'est oublié dans la programmation propre du Pôle Muséal, force est de constater que certaines implantations ne vivront que quelques semaines sur l'année. Charge au tissu associatif culturel montois de proposer des projets pour augmenter les durées d'exposition de certains lieux, mais ces associations devront se débrouiller pour certaines charges, comme les frais de gardiennage...

"On demande plus d'autonomie aux associations, mais on coconstruit avec elles, elles ne sont pas lâchées dans la nature", précise Savine Moucheron, qui nous dit avoir rencontré les différents acteurs pour définir cette nouvelle façon de travailler. Des acteurs encouragés à faire vivre les différents sites à leur manière, comme le WTC-C installé dans une partie des Anciens Abattoirs, mais aussi un peu plus à leurs frais...