BRUXELLES

Un serpent de 1300 mètres de long dans le sol ucclois: «pour ne plus craindre les gros nuages noirs»

Un bassin d'orage pouvant contenir jusqu'à 25.000 m³ d'eau va être creusé dans le sol de la commune d’Uccle.

« Les Ucclois ne verront plus arriver les gros nuages noirs avec tracas », glissait ce matin un Armand De Decker, bourgmestre d’Uccle, tout sourire. Non, le ciel ne s’est pas soudainement dégagé au dessus de la tête du bourgmestre bruxellois empêtré dans les problèmes du « Kazakhgate ». Si l’homme fort de la petite commune du sud de Bruxelles a retrouvé la parole, c’est pour donner le coup d’envoi d’un chantier pharaonique dans le sous-sol ucclois. Celui-ci devrait se terminer en 2018.

Dans deux ans, c’est un un bassin d’orage pouvant contenir jusqu'à 25.000 m³ d’eau qui va voir le jour sous la commune bruxelloise, ont annoncé en coeur les élus ucclois, le président de Vivaqua, Yvan Mayeur et la ministre de l'Environnement, Céline Frémault

"U-Tube", puisque c’est désormais son petit nom, devrait permettre d’éviter les désagréments liés aux fortes chutes de pluies dans le sud de Bruxelles. « Enfin », glissait-on d’ailleurs dans l’assemblée, preuve que la réalisation est attendue. 

Vivaqua, l'intercommunale du secteur de l'eau, va donc faire construire un bassin d’orage qui servira de réservoir tampon en cas de fortes pluies et permettra d’éviter les inondations qui touchent régulièrement la vallée de l’Ukkelbeek.

Particularités de ce bassin d’orage, qui passera sous la rue de Stalle, la rue De Fré et l’avenue Brugmann? D’abord, sa forme, un long tube de 1.300 m et d’un diamètre de 4,66 m. Deuxièmement, sa capacité: il pourra accueillir 25.000 m³ d’eau. Enfin, la technique utilisée: le fonçage au moyen d’un tunnelier.

C’est en effet une impressionnante machine qui a été acheminé jusqu’à Uccle dans la nuit de samedi à dimanche. L'engin a mis plusieurs jours pour traverser toute la France. Ironie de l'histoire, c'est l'eau, via notamment le canal de Bruxelles, qui lui a notamment permis de rejoindre la capitale belge. A lui seul, le tunnelier mesure 7,86 mètres, pour un diamètre de 5,28 mètres. Il pèse 170 tonnes. Le forage s’effectuera en deux grandes étapes : le forage et la mise en place  des parois du tunnel à partir d’éléments préfabriqués. C’est une société française, spécialisée dans ce genre d’ouvrage, qui réalisera ce chantier.

Le bourgmestre d'Uccle, Armand De Decker, a ainsi assuré que l'impact sur la circulation, les riverains et les commerçants serait limité, « le creusement se faisant en profondeur. »

Les inondations en régions bruxelloises ne sont pas un problème récent. La densité de population, l’imperméabilisation des sols, la canalisation du lit des rivières et l’urbanisation des zones naturelles de débordement sont autant de facteurs qui ont accentués celles-ci. En cas de pluie torrentielles, l’eau rejoint ainsi les égouts qui ne peuvent absorber de tels volumes. Comme dans la majeur partie de la Région bruxelloise, il n’y a pas la place pour de nouveaux égouts, ni pour des bassins à ciel ouvert, ce genre de bassins souverains sont la solution. 

Ceux-ci permettent de contenir temporairement de gros volumes d’eau afin de réguler les débits dans les égouts et ainsi empêcher les inondations. 

« Pour répondre aux situations provoquées par l’imperméabilisation excessive liée au développement des villes, certains bassins d’orage, dont celui-ci, sont indispensables, a justifié Céline Frémault, ministre de l’Environnement en région bruxelloise. Parallèlement à ces outils classiques de lutte contre les inondations, je travaille avec mon administration à sensibiliser les auteurs de projets à une gestion des eaux pluviales ayant un objectif: le zéro rejet dans l’égout public. »