MUSIQUE

Jaune Toujours debout depuis 20 ans

Le groupe belge le plus atypique du pays fête ses 20 ans avec un concert et un volumineux coffret collector.

Jaune Toujours mélange joyeusement les langues et les styles pour (faire) voyager entre l’Afrique et les Balkans, entre accordéon et cuivres, entre français, anglais et néerlandais en gardant le cœur à Bruxelles. 20 ans que ça dure. On a regardé dans le rétro avec Piet Maris, le meneur des troupes.

Votre musique a beaucoup évolué, les membres beaucoup changé. Est-ce lié?

Tout à fait. Mais aussi parce qu’on a toujours fait avancer notre musique, on a découvert des choses en jouant, on s’est améliorés, on a fait des rencontres. Chaque album capture les choses qu’on vit à un moment.

Vous parliez des migrations et de l’environnement il y a bien longtemps. Ça n’a pas beaucoup changé par contre…

Malheureusement non. Quand on a parlé de ces sujets la première fois, on espérait que ça allait s’améliorer… Mais on est là aussi pour que les gens gardent le moral.

D’où le contraste entre votre musique festive et les textes souvent plus graves?

On ne s’est jamais dit qu’on allait appliquer une formule, mais on se rend compte que le message passe mieux quand la musique est plus légère. On n’a pas besoin d’être lourd deux fois.

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«On se rend compte que le message passe mieux quand la musique est plus légère.»

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Votre accordéon vous suit depuis longtemps. Vous l’avez remis devant à un moment où il était vu comme ringard…

C’est vrai, c’était un peu mal vu, je devais tout le temps d’excuser, expliquer pourquoi et comment. J’ai toujours voulu en jouer et puis au moment où ma guitare est restée trop longtemps en réparation, je m’y suis mis. Je ne regrette pas, c’est devenu le moteur de Jaune Toujours, un pont entre la rythmique et les cuivres.

Vous avez beaucoup voyagé à la rencontre d’autres musiciens, mais Bruxelles reste toujours aussi présente dans vos chansons…

C’est là où on vit, c’est le brassage des cultures, des langues, c’est nous.

Vous publiez un coffret avec vos 8 disques. Qu’est-ce que ça fait de voir toute une ville musicale dans une boîte?

Je suis très fier. On se dit parfois mais qu’est-ce qu’on a fait de toutes ces années… et ça, ça rend les choses concrètes. Ça a été passionnant de creuser toutes ces archives. Et ça donne plein d’envie pour les années à venir, plein d’idées, plein de projets…

La boîte en bois du coffret, c’est du fait maison?

Oui, par moi. Et je suis content qu’on ait limité à 300 exemplaires (rire)! C’est un sacré boulot, mais ça me plaît de faire quelque chose avec mes mains et d’imaginer où chez qui il va partir.

www.choux.net En concert ce soir à Muziekpublique à Bruxelles. C’est gratuit, mais il est conseillé de réserver via www.muziekpublique.be

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