Initiative citoyenne

Repair Café: au rendez-vous des mécaniciens du cœur

Repair Café: au rendez-vous des mécaniciens du cœur

Alexandra et Michaël disposaient d’une salle de café et sont sensibles à la surconsommation. Créer un Repair Café s’est logiquement imposé à eux. ÉdA Mathieu GOLINVAUX

Alexandra et Michaël ont créé un Repair Café à Vaux-Borset, leur petit village hesbignon. Objectifs? Contrer la surconsommation mais aussi créer du lien et de la solidarité.

«Quand on a acheté la maison, il y avait dans le lot cette ancienne salle de café. On trouvait ça sympa et on n’avait pas envie de trop changer, sans savoir ce qu’on allait y faire. Et puis… café…, pourquoi pas faire un… repair café?»

Le défi que se sont lancé, il y a un an à Villers-le-Bouillet, Michaël Gyen et Alexandra Louvrier n’est pas dicté que par l’envie du jeu de mot évidemment.

«On a toujours été sensible à la notion de transition et on avait envie de faire quelque chose», dit Michaël. Et ils l’ont fait.

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D’abord, dans l’arrière-salle, avec le Green Games, sorte de “rallye du développement durable” en huit jeux où, lors de fêtes d’anniversaire, les gosses viennent s’amuser tout en se sensibilisant au tri des déchets, aux atteintes à l’environnement, aux économies d’énergie,…

Le vieux café du village de Vaux-Borset s’est aussi transformé en “Ruche qui dit oui”, un point de dépôt pour les produits alimentaires issus des circuits courts.

Mais une fois par mois, on peut donc aussi venir y faire réparer ses appareils électroménagers, hi-fi, téléphones ou encore ordinateurs. C’est aussi l’occasion pour Michaël d’encourager le passage aux logiciels open source qui permettent souvent de prolonger la vie des machines.

«Je suis informaticien, mais je suis contre l’obsolescence programmée», dit-il en expliquant qu’il s’est engagé dans cette voie alternative en voyant un reportage sur les tonnes de déchets que produit notre société de consommation.

Une société de consommation qui pollue jusqu’au plus jeune a aussi constaté avec étonnement Alexandra: «On pense souvent que les plus jeunes sont mieux sensibilisés à ces enjeux, mais certains enfants sont déjà happés par cette surconsommation…»

Prolonger la vie de sa tablette ou remplacer l’écran de son smartphone plutôt que d’acheter l’appareil dernier cri? Face à la force marketing d’Apple ou Microsoft, le discours de consommation responsable et durable donné au Repair Café est pourtant parfois difficilement audible.

Chez les adultes, le réflexe réparation n’est pas forcément ancré non plus: «Cela nous a étonnés, mais on a eu plus facile de trouver des gens qui avaient envie de s’investir, de proposer leurs services pour réparer et désireux de partager leur savoir que des personnes qui voulaient profiter du service et faire réparer des objets…»

Un service gratuit, cela étonne d’ailleurs très souvent les utilisateurs du Repair Café, constatent Michaël et Alexandra. Comme si le geste solidaire, le coup de main n’était plus vraiment dans les habitudes. Et puis il y a parfois aussi chez les gens la crainte d’une récupération, dans ce monde où plus rien n’est gratuit…

«Comme on propose un projet alternatif, certains nous collent vite une étiquette écolo, sourit Alexandra. On est pourtant totalement apolitique.»

Offrir un service, gratuitement et sans arrière-pensée, serait donc si louche?

Au Repair Café de Vaux-Borset, on constate qu’il est parfois plus simple de changer le logiciel d’un vieil ordinateur que de reformater les modes de fonctionnement de notre société de consommation…

+ Pour nos abonnés / Lutte contre l’obsolescence : imprimantes et machines à café, les bêtes noires des réparateurs

>>> Le déclic citoyen, une enquête des Editions de l'Avenir en partenariat avec le Réseau des consommateurs responsables.