MOTOCYCLISME

Spa rêve d’un Grand Prix de MotoGP

Spa rêve d’un Grand Prix de MotoGP

Marquez, Lorenzo et Cie dans le Raidillon sous peu? Nathalie Maillet veut frapper un grand coup… AFP /BELGA

La directrice du circuit de Spa-Francorchamps, Nathalie Maillet, rêve d’accueillir chez nous les motos d’endurance et la MotoGP.

En prenant ses fonctions de directrice générale du circuit de Spa-Francorchamps, l’été dernier, Nathalie Maillet n’avait pas caché son souhait «de développer d’autres activités, d’attirer d’autres sports» sur le site. Hier, en marge d’une audition au parlement wallon (voir page 7), la boss du «plus beau circuit du monde» a notamment évoqué son intention de faire revenir des compétitions internationales motocyclistes de haut vol sur le tracé ardennais. Jusqu’à carrément la MotoGP…

«Oui, cette ambition est bien réelle, confirme Séverine Cirlande, Communication et Press manager du circuit. Elle concerne le retour du Mondial d’endurance à Spa à l’horizon 2018 et un projet de Grand Prix MotoGP en 2020.»

L’endurance a eu de longue date ses heures de gloire à Spa avec les 24 heures de Liège, une course de prestige que font en partie renaître les 6h de Spa depuis 2011, tandis que la vitesse pure mondiale est passée par nos Ardennes de 1949 à 1990.

«Pas de réels obstacles, mais…» 

Figure quasi incontournable en Belgique dès lors qu’il s’agit de la vitesse pure moto, Didier de Radiguès avait déjà «vaguement» entendu Nathalie Maillet enfoncer le clou de la MotoGP à Francorchamps. 

Mais l’ex-pilote devenu commentateur des Grands Prix ne peut cacher un certain scepticisme quant au retour du Continental Circus dans nos Ardennes.

«Autant je ne vois pas d’obstacles insurmontables au retour de la MotoGP… un jour, autant je veux rester réaliste: le chantier est énorme!, analyse le héros des GP de Belgique 250 cm3 1982 (3e après s’être cassé la clavicule la semaine précédente) et 1983 (victoire), avant un nouveau podium (2e) en 1990. Infrastructures, logistique, sécurité, politique: je ne vois pas un seul domaine où Spa-Francorchamps est prêt à ce challenge. Maintenant, cela peut changer… Mais je crains un effet d’annonce. Car à franchement parler, je m’étonne de ne pas avoir vu Mme Maillet plus fédérer autour de ce projet, ou plus consulter de “ spécialistes ”, et je ne parle évidemment pas que de moi, mais aussi de Freddy Tacheny (Zelos/Mettet) ou d’autres. Bref, pour tout dire, je ne suis pas vraiment convaincu par la méthode ou par une réelle volonté. Mais si ce que je vois pour l’instant ne m’inspire pas, je le répète: tout est faisable. On peut toujours rêver.»

«Nathalie Maillet a rencontré les promoteurs de ces championnats – Eurosport Events, le promoteur du championnat du monde d’endurance et Carmelo Ezpeleta, le directeur général de Dorna Sports et promoteur des Grands Prix MotoGP – et tous les deux ont manifesté leur intérêt. Mais nous n’en sommes qu’au stade des premiers contacts, guère plus loin. Aucun calendrier de rencontres futures n’est d’ailleurs déjà fixé», poursuit S. Cirlande.

Et si les sceptiques ne manque(ro)nt pas face à de tels projets, surtout vu les aménagements passés apportés au tracé pour satisfaire la F1 (asphaltage des zones de dégagement, etc.), les responsables de l’anneau ardennais veulent croire une double accréditation automoto aux yeux des instances internationales.

«Accueillir des courses F1 et MotoGP n’est pas incompatible puisque certains circuits le font (NDLR: Austin au Texas, Barcelone, Spielberg en Autriche, Silverstone en Grande-Bretagne ou Sepang en Malaisie). Nous savons que cela nécessiterait des travaux importants pour répondre aux exigences sportives et sécuritaires spécifiques de ces disciplines et ces investissements ne se feront que si leur rentabilité est avérée. Mais à ce stade, ce n’est pas un projet fou: on veut penser qu’il est faisable.»