FORÊTS

Le loup est bien de retour en Wallonie

Il s’agirait pour le moment d’individus errants.
Il s’agirait pour le moment d’individus errants.-Reporters/DPA

Si on l’évoque depuis plusieurs années, le loup est bien de retour en Wallonie, a affirmé ce lundi René Collin, ministre wallon de la Nature.

Après des rumeurs de réapparition du loup en Wallonie, le ministre wallon de la Nature, René Collin (cdH), a affirmé ce lundi que le loup était bien de retour en Wallonie, après 118 ans d’absence. Il répondait à une question du député humaniste François Desquesnes, en commission du parlement wallon.

Selon le Département Nature et Forêts (DNF) de la Région wallonne, les éléments observés et les témoignages des chasseurs sont cohérents et donc crédibles, a avancé le ministre.

Un loup à Nassogne

Un loup a été observé par des chasseurs à Masbourg (commune de Nassogne, dans la province du Luxembourg) début de cet automne et des chercheurs de l’Ulg ont pu corroborer l’information. «C’est la première observation documentée et crédible depuis 118 ans, indique Jean-Sébastien Sieux, directeur au DNF de Marche-en-Famenne. On avait déjà eu des données filmées à Gedinne il y a quelques années mais certains ont émis des doutes. C’était donc moins crédible.»

Pour Jean-Sébastien Sieux, cette information n’est pas étonnante. «Il y a des meutes de loups un peu partout dans les zones limitrophes à la Belgique, dit-il. Maintenant, ce n’est pas parce que l’on a vu un loup que cela signifie que les loups s’installent définitivement en Wallonie.»

Pour le directeur, il s’agit plutôt d’individus de passage. «Dans une cellule familiale de loups, il y a toujours des mâles en compétition et certains cherchent de nouveaux territoires. Ils viennent voir si nos forêts sont colonisables.»

Le loup à nos portes

Pour Nicolas Yernaux, porte-parole du SPW, ce retour montre d’ailleurs que nos forêts wallonnes sont en bonne santé.

Que faudrait-il alors pour que loup s’installe définitivement chez nous? «Que la densité de population de loups autour de la Wallonie augmente et pousse des individus à chercher d’autres territoires. Or, il y a une tendance à voir la population des loups augmenter en France», dit-on au DNF.

Jean-Sébastien Sieux assure, le loup est à nos portes: «il devrait arriver à terme mais on ne sait pas encore dire quand». Au DNF, on s’y prépare: «on forme des agents pour reconnaître leurs traces, on est en contact direct avec l’administration française, etc.»

Comment cohabiter?

Et le ministre Collin aussi. S’il a précisé lundi que le risque d’attaques sur un troupeau domestique demeurait à ce stade minime – s’agissant d’individus errants -, le ministre convient qu’une procédure d’indemnisation doit être étudiée. «De plus, le contexte wallon, avec une forte densité de population sur notre territoire et un contexte pastoral différent, n’est pas favorable à un retour d’un clan.»

Éleveurs de bétail, chasseurs… le loup a en effet ses détracteurs. «Il faudra envisager une cohabitation», note Jean-Sébastien Sieux. Pour rappel, le loup est une espèce protégée au niveau européen. 

Le député cdH François Desquesnes plaide d’ailleurs pour une campagne de sensibilisation à l’égard des chasseurs, des agriculteurs et des promeneurs ainsi que pour la mise en place d’une concertation afin de préparer une coexistence pacifique dans les forêts wallonnes.

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