MOBILITÉ

Le panneau du tourne à droite cycliste devient obligatoire à Bruxelles: «Les vélos ne perdront plus 1/5e de leur temps au feu rouge»

Le placement du signal routier du tourne à droite cycliste est désormais obligatoire dans les 19 communes de Bruxelles sur les carrefours dotés de feux.
Le placement du signal routier du tourne à droite cycliste est désormais obligatoire dans les 19 communes de Bruxelles sur les carrefours dotés de feux. -Cabinet Debaets

Les cyclistes perdent 1/5e de leur temps de déplacement bloqués à des feux rouges destinés aux automobilistes. Un arrêté ministériel impose désormais le panneau du tourne à droite ou d’aller tout droit cycliste à tous les feux des 19 communes. Y compris sur des carrefours communaux.

Les panneaux routiers permettant aux cyclistes de tourner à droite ou d’aller tout droit au feu rouge ou orange sont désormais obligatoires à Bruxelles. Un arrêté ministériel concocté par la Secrétaire d’État bruxelloise à la Sécurité routière Bianca Debaets (CD&V) et le Ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (sp.a) impose leur installation dans les 19 communes de la Région.

Via une modification de l’article 67.4.3° du code de la route, la Région bruxelloise est ainsi la première Région du pays à rendre le placement des panneaux B22 et B23 obligatoire. Une mesure permise par la 6e réforme de l’Etat qui rend les Régions compétentes en matière de signalisation routière. «Il se généralisera à tous les carrefours avec feux de signalisation de la Région ou des communes, sauf si les conditions de sécurité ne le permettent pas», indiquent conjointement Debaets et Smet. Un exemple a été donné ce 17 novembre à Jette où le Bourgmestre Hervé Doyen a installé lui-même un exemplaire de ce triangle renversé à vélo jaune sur le Boulevard de Smet de Naeyer.

Depuis 1990 aux Pays-Bas

Jusqu’ici, ces panneaux étaient surtout présents sur les carrefours régionaux. D’après les ministres compétents, certaines communes ne trouvaient pas la législation suffisamment claire. Celle-ci l’est désormais. Elle est simple: le panneau est obligatoire partout, sauf en cas de problème de visibilité ou de configuration. Les communes devront alors fournir une justification précise.

«Ces panneaux permettent aux cyclistes de ne plus perdre 1/5e de leur temps de trajet devant un feu rouge. La disposition existe depuis 1990 aux Pays-Bas et on la retrouve aussi en France et en Allemagne. En termes de sécurité routière, les meilleures garanties sont offertes puisqu’on n’installe pas ces panneaux à des carrefours complexes et qu’on rappelle aux cyclistes la priorité à accorder aux piétons», précise Bianca Debaets.

«Les feux pensés pour les voitures»

Le cabinet de Pascal Smet observe pour sa part que le signal cycliste contourne un équipement jusqu’ici trop exclusivement développé à destination des voitures. «L’observatoire du vélo 2015 recommande d’harmoniser l’utilisation du tourne à droite cycliste. Jusqu’ici en effet, les feux sont surtout pensés et configurés pour la circulation automobile. La généralisation de ces panneaux simplifie la vie des cyclistes en leur permettant d’accélérer leur déplacement».

Les triangles renversés cyclistes s’ajoutent donc aux sens uniques limités pour les cyclistes dans l’arsenal routier bruxellois. Bruxelles Mobilité gère au total 475 carrefours régionaux avec feux de signalisation et jusqu’à ce jour 348 panneaux B22 et B23 y ont été installés. Une quarantaine d’autres le seront dans les quatre mois à venir.