Soutenue par plus de 6 000 membres

Dix ans que ça dure. Dix ans qui ont connu l’avènement de Facebook avec lequel Malou peut s’appuyer aujourd’hui sur une communauté de plus de 6 000 membres.

«Mais le bouche-à-oreille fonctionne encore très bien», précise-t-elle.

Même si rien ne change en apparence, Malou le concède: elle a dû se «professionnaliser». Soit à ses yeux, être plus efficace tout en conservant une grande flexibilité. «Les personnes qui arrivent avec des besoins, on ne sait jamais quand ils vont débarquer. Mon téléphone peut sonner à tout moment».

Se professionnaliser, c’est aussi éviter les abus, les dérapages. «Nous avons un code à respecter: on donne et on ne vend jamais».

Le monde de la précarité connaît aussi ses petits travers. La règle de la débrouille prend parfois le chemin des abus. «Mais avec mon équipe, on devient très efficaces pour repérer les gens qui viennent chercher des objets pour les revendre. Ils sont aussitôt exclus. Cela fait partie du contrat de confiance que nous avons les donateurs», précise Malou. Ce contrat a aussi d’autres règles. Une donnerie, ce n’est pas un parc à conteneurs où on jette en se donnant bonne conscience. «Ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on doit mettre des habits sales ou déchirés», confie la jeune femme. «Je ne prends que des habits que je porterais moi-même».

Comme s’ils me disaient: «Ok, on te suit»

Le jour où nous l’avons rencontrée, Malou revient d’une longue journée où des tas de familles dans le besoin ont pu trouver des habits ou des meubles. Cela s’est passé dans un entrepôt prêté pour la cause. Des centaines de personnes s’y sont croisées. «C’était un grand moment de bonheur». De fatigue aussi. «Mais je n’abandonnerai jamais. Ce projet est en moi.»

Malou a cinq enfants. Dont il arrive que certains trouvent que leur maman est fort affairée avec sa donnerie. C’est comme ça.

L’autre jour, elle en a surpris un qui était en train de trier ses jouets pour la prochaine Saint-Nicolas.

Malou savoure l’anecdote. «Je suis heureuse car mes enfants sentent que ce que je fais est important. Et quand je vois cela, c’est un peu comme s’ils me disaient: ok, on te suit…»