MUSIQUE

Le mois de novembre 2016 dans la ziquemachine à remonter le temps

Le mois de novembre 2016 dans la ziquemachine à remonter le temps

Boney M. papa – Fotolia

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en novembre 2006, 1996, 1986, etc.? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.


2006 Moby & Mylène Farmer – Slipping Away (Crier la vie)

L’année 2006 bat tous les records de chaleur en Belgique et le mois de novembre ne déroge pas à la règle. Le 25 novembre, on enregistre même plus de 18° à Uccle. Dans les hit-parades, c’est Mylène Farmer qui trône en tête des classements avec un surprenant duo avec l’Américain Moby. La rencontre s’est faite dans un restaurant végétarien new-yorkais, propriété de Moby.

Comme le DJ et musicien l’a raconté dans plusieurs interviews, il y a bavardé quelques fois avec une très gentille femme française. Ce n’est que quand il se rend à Paris un jour qu’il voit la tête de la femme avec qui il discute sur de grandes affiches… La suite est connue: en mai 2006, il contacte Mylène Farmer pour réaliser une nouvelle version de sa chanson Sleeping away, parue en 2005 sur son album Hotel. L’idée est de retravailler sur le mix réalisé par Manhattan Clique (Philip Larsen and Chris Smith), producteurs et remixeurs qui ont travaillé avec Soft Cell, The Human league, Sophie Ellis-Bextor, The B-52’s… Curieusement, Sleeping away devient Crier la vie en français…

L’info pour faire le malin. De nombreux remixes seront produits: le Axwell Remix réalisé par le DJ suédois Axel Hedfors, le Zloot Remix de Toni Toolz, ainsi qu’un autre produit par Enzo Mori et Stephan Clark.

1996 Khaled – Aicha

Installé en France dans les années 80, Cheb Khaled – que tout le monde appellera Khaled plus tard – connaît un certain succès avec l’album Khaled. Son titre Didi est connu internationalement et, en 1994, il reçoit le César de la meilleure musique écrite pour un film pour Un, deux, trois, soleilde Bertrand Blier. Mais il lui manque un véritable tube en français pour installer définitivement sa notoriété dans le pays qui l’accueille. Ce tube, il va être fourni par un expert en la matière: Jean-Jacques Goldman.

Celui-ci lui écrit Aïcha, une histoire entre un homme qui promet monts et merveilles à sa dulcinée mais celle-ci refuse: «Elle a dit garde tes trésors, Moi je vaux mieux que tout ça, Des barreaux sont des barreaux même en or, Je veux les mêmes droits que toi, Du respect pour chaque jour moi je ne veux que l’amour.»

Des paroles piquantes quand on sait que le chanteur sera accusé par la suite de violences conjugales par son épouse Samira, avant que celle-ci ne fasse marche arrière. Ils sont toujours ensemble.

L’info pour faire le malin. Tube international, Aïcha a connu de nombreuses versions (zouk, salsa…) et été traduite en plusieurs langues (polonais, malais et arabe, serbe, coréen et anglais…)

1986 Europe – The Final Countdown

Chanson emblématique des années 80 qui figure sur toute bonne compile qui se respecte, The Final Coutdown est le genre de titre qui vous reste en tête une bonne partie de la journée une fois que vous l’avez écouté. On doit cette chanson à Europe, un groupe de hard-rock suédois d’abord tourné vers le heavy metalà ses débuts, avant d’entamer une courbe rentrante vers du hard plus mélodique au milieu des années 80.

L’histoire de ce tube est assez habituelle. Joey Tempest, fondateur et chanteur du groupe, avait dans ses tiroirs un riff composé sur un vieux synthétiseur. Lors d’une répétition, il propose au reste du groupe d’en faire une chanson, une sorte d’hymne qui fera l’ouverture des concerts. L’avis des membres du groupe est mitigé. John Norum, le guitariste, dira «On ne peut pas utiliser ça.» Il ne sera pas écouté.

C’est Sony Music qui proposera à Europe de le sortir en single. Avec le succès que l’on sait: 1re place dans 25 pays, utilisation massive dans des spots publicitaires, 3 millions d’albums vendus aux USA. Le succès sera controversé, beaucoup se moquant des brushings des musiciens. Aux USA, la chaîne de télé VH1 et le magazine musical Blender l’ont classée 16e sur la liste des plus incroyablement mauvaises chansons de tous les temps…

L’info pour faire le malin. Les paroles de The Final Countdown ont été inspirées par Space Oddityde David Bowie.

1976 Boney M. – Daddy Cool

On parle encore aujourd’hui de la tromperie du groupe allemand Milli Vanilli, formé par Fabrice Morvan et Robert Pilatus, arrivé en tête des charts alors qu’aucun des deux ne chantait vraiment. Par contre, personne – ou presque – n’a jamais trouvé rien à redire à l’encontre de Boney M. Et pourtant… Point commun avec Milli Vanilli, le producteur qui se cache derrière les deux groupes: Frank Farian. En 1974, ce dernier se lance dans la musique disco en produisant le titre Baby Do You Wanna Bump. Comme cela marche, il doit – dans la précipitation – former un groupe pour défendre le titre en live.

Il engage quatre Antillais (Marcia Barrett, Liz Mitchell, Maizie Williams et Bobby Farrell) et voilà comment Boney M est né! Si sur scène, Bobby Farrell fait croire qu’il est la voix grave du groupe (qu’on entend notamment au début de Daddy Cool), il n’en est rien en réalité. C’est Frank Farian qui fait toutes les voix en studio et celles-ci sont diffusées sur bandes pendant les concerts. Bobby Farrell n’est pas le seul à ne pas chanter: c’est aussi le cas de Maizie Williams. C’est Liz Mitchell qui assure les voix féminines.

L’info pour faire le malin. Le cliquettis que l’on entend au début de la chanson a été réalisé par Frank Farian avec un stylo qu’il tape sur ses dents… Le tout étant évidemment ensuite remixé en studio.

1966 John William – La chanson de Lara

En 1966, le début du mois de novembre est marqué par des chutes de neige précoces en France. Sorti aux USA fin 1965, le film Le Docteur Jivagoest attendu pour la fin de l’année en France. Mais une chanson n’a pas attendu la sortie du film pour percer: il s’agit de La chanson de Lara, chantée par un certain John William.

Au départ, La chanson de Lara est le nom donné par Maurice Jarre au thème musical qu’il a composé pour le film de David Lean. Peu de temps après, Paul Francis Webster lui ajoute des paroles et la chanson devient Somewhere, My Love, chantée entre autres par la chanteuse italo-américaine Connie Francis.

En France, c’est Hubert Ithier qui effectue la traduction et qui revient au titre original français donné par Maurice Jarre. Pour chanter cette ballade, le choix se porte sur John William (Ernest Armand Huss de son vrai nom), Français qui s’est lancé dans la chanson après la guerre. Il remportera le prix de la meilleure vente de l’année au Midem de Cannes avec La chanson de Lara.

L’info pour faire le malin. John William se spécialisera dans l’adaptation française de chansons de génériques de films. Il chantera Si toi aussi tu m’abandonnes(Le train sifflera trois fois), Le bleu de l’été(Alamo), La rose des sables(Lawrence d’Arabie),Une île au soleil(Une île au soleil), Le jour le plus long(Le jour le plus long).