MONS

Petit à petit, le Silex's à Spiennes trouve son public

Ouvert en 2015 et un peu noyé dans la masse des événements Mons 2015, le Silex's, centre d'interprétation des minières néolithiques, a finalement trouvé son public cette année. Le bouche à oreilles faisant effet, on vient de loin pour voir ce site exceptionnel de 6000 ans d'âge, en évolution perpétuelle. Une exposition sur les métiers de l'archéologie s'y tient en ce moment.

Près de Mons, il est un musée qui s'attend cette année à faire un meilleur score de fréquentation que durant l'année de capitale européenne de la culture. Un cas unique dans l'entité. Ce musée, il s'agit du Silex's à Spiennes. C'est l’un des plus anciens et des plus vastes centres d’extraction de silex d’Europe. Parsemé de puits de mines, le site s’étend sur 100 hectares, à 6 km de la ville de Mons. En avril 2015, un musée voit enfin le jour pour valoriser ce lieu unique à plus d'un titre.

Un musée dynamique

L'histoire du site remonte à la période néolithique, quand les hommes préhistoriques découvrent un sous-sol riche en silex et en font un lieu d'extraction de cette roche, il y a 6000 ans. Mais cet endroit n'est pas resté figé depuis l'époque néolithique. Du 11e au 20e siècle, une partie de l'endroit a été exploitée pour la céramique de Boch à La Louvière. Dans la deuxième moitié du 19e siècle, c'est devenu un site archéologique en fouille constante, depuis que la construction de la ligne de chemin de fer Mons-Chimay a mis au jour ces puits de mines creusés à la force des bras. Aujourd'hui, le lieu continue d'évoluer suivant les fouilles et d'une année à l'autre, le visiteur ne verra pas exactement la même chose. « Ce n'est pas un site empoussiéré dans 6000 ans d'âge », souligne Manuela Valentino, responsable des sites Unesco à la ville de Mons.

Patrimoine de l'Unesco

Car oui, les carrières de Spiennes sont reconnues au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2000. Une reconnaissance obtenue suivant le critère le plus prestigieux : celui qui reconnaît le génie humain. A Spiennes, est reconnu le génie d'avoir pu creuser des puits de mine allant jusqu'à 16 mètres de profondeur et d'avoir mis en place les techniques nécessaires pour pouvoir extraire des blocs de silex pesant parfois plusieurs centaine de kilos. Le clou de la visite, c'est justement de se plonger dans une vraie minière datant du néolithique, accompagné d'un guide.

Une réputation au bouche à oreilles

« Le plus difficile, ce n'est pas de construire le musée, mais d'arriver à y amener le public » selon Manuela Valentino. Et en 2015, ce fut compliqué d'attirer le public: « l'an dernier, on était noyé dans la masse dans une communication globale et les gens venaient plus pour Mons 2015 que pour nous. Cette année, on bénéficie plus d'une communication propre et d'un public qui se déplace uniquement pour nous ». Le Silex's bénéficie aussi du bouche à oreille positif et touche un public spécialisé près à venir de loin : « on a une aura internationale, les visiteurs viennent des Pays-Bas, d'Allemagne...» Le Silex's touche un public spécifique féru d'archéologie. « C'est un microcosme par rapport aux visiteurs d'autres musées ». 80 % des visites guidées se font en anglais, mais le site attire aussi un public familial, majoritairement du Hainaut et qui vient profiter d'un endroit qui se prête bien à une promenade champêtre en plus de la visite du musée.

Cette année, le Silex's va sans doute atteindre sa jauge maximale en ce qui concerne la plongée dans les minières, soit 5500 personnes sur l'année. « La conservation de ces minières est quelque chose de très pointu ». Il suffit de peu pour dégrader ce sous-sol multimillénaire. Limiter le nombre de visiteurs, fermer le musée durant l'hiver pour éviter d'exposer la minière à de trop grands écarts de température...Cela constitue un défi de plus pour la gestion du musée. Mais vu sa cote de popularité acquise sur des sites comme Trip Advisor (5/5, une note qui fait la fierté de notre responsable Unesco), la valorisation et la reconnaissance internationale de ce lieu où l'on parlait d'y construire un musée depuis 1920 est en bonne voie. Pour les spécialistes, cette reconnaissance est déjà acquise: une conférence internationale sur les mines de silex préhistoriques réunira 80 chercheurs européens et américains à Spiennes et Mons du 28 au 30 septembre.

Une exposition sur les métiers de l'archéologie

Vous aussi vous pensez que le métier d'archéologue se résume à creuser des trous puis nettoyer au pinceau les vieux objets que l'on déterre ? Alors l'exposition « Les métiers de l'archéologie », en cours jusqu'au 25 octobre au Silex's, est faite pour vous. En 120 photos déployées en plein air sur le site archéologique de Spiennes, vous constaterez que l'archéologie est un domaine bien plus complexe qu'on ne le croit et que beaucoup de formations peuvent mener sur un terrain de fouilles. Du technicien de fouilles au géologue en passant par l'archéobotaniste, un site de recherche archéologique fourmille de compétences diverses et variées. Au total, ce sont 33 métiers en lien avec l'archéologie qui sont présentés. A côté de l'exposition, une équipe d'archéologues travaille du lundi au vendredi sur un site de fouilles et répondent avec plaisir aux éventuelles questions. Une exposition à voir en famille et qui suscitera peut-être des vocations.