SAINT-GHISLAIN

Saint-Ghislain: le lycée Charles Plisnier en quête de réhabilitation

Saint-Ghislain: le lycée Charles Plisnier en quête de réhabilitation

Dimitri D'Agostino, nouveau directeur du lycée Charles Plisnier Ugo PETROPOULOS

Nouveau directeur, nouveau logo, nouvelle communication...Le lycée Charles Plisnier à Saint-Ghislain veut tourner la page et laisser derrière lui les tensions qui l'ont secoué ces dernières années. Dimitri D'Agostino veut ramener la sérénité au sein du dernier lycée du réseau officiel et se concentrer sur le projet pédagogique.

Rétablir la confiance et redorer le blason, c'est la mission délicate qu'a acceptée Dimitri D'Agostino, en devenant directeur (faisant fonction) du lycée Charles Plisnier. Car le dernier lycée d'enseignement général du réseau Wallonie-Bruxelles-Enseignement vient de traverser une période trouble. L'ancien directeur était accusé de mauvais traitements envers des élèves. Il a finalement fait l'objet d'un déplacement disciplinaire dans un établissement spécialisé de Wallonie picarde. L'affaire est toujours en cours puisqu'il a introduit un recours au Conseil d'Etat contre sa mutation.

A Charles Plisnier, l'épisode a laissé des traces: les inscriptions en première année tardent à décoller. "Un parent qui cherche un établissement pour son enfant de 6e primaire, s'il ne connaît pas Charles Plisnier, il cherchera des infos sur internet" constate Dimitri D'Agostino. Et quand on est parent et que l'on tombe sur les mots "mauvais traitements" sur la première page d'un moteur de recherche, on n'est pas rassuré. Et pourtant, les choses ont changé, soutient Dimitri D'Agostino. Tout d'abord son arrivée a permis de stabiliser la direction, au moins jusqu'en juillet 2017, voire au-delà. "Je me suis engagé comme si c'était jusqu'à la pension". De quoi rassurer enseignants, élèves et parents d'élèves qui retrouvent des repères.

Transparence

Ensuite, il a fallu rétablir un esprit de confiance et de coopération au sein du corps professoral, miné par de grosses tensions et où un important turnover existait depuis 10 ans. Depuis février, le climat s'est apaisé, les comités de concertation avec les syndicats qui autrefois partaient en sucette se déroule dans un climat de "convivialité extraordinaire", grâce à une méthode de management participatif, où les profs sont impliqués dans les décisions. Cette nouvelle base de travail semble porter ses fruits puisque "deux enseignants avaient demandé un changement d'affectation, qu'ils avaient obtenu. Finalement ils l'ont refusé après mon arrivée". Dans la salle des profs, Mme Carion, qui enseigne les sciences, confirme ce nouveau climat de travail en parlant d'une "bouffée d'air". "L'ambiance était tellement mauvaise auparavant que ça ne peut qu'aller mieux. Maintenant, on peut travailler d'une manière plus sereine, plus ouverte, plus franche et dire les choses sans avoir peur".

Pour le directeur, le chantier de réhabilitation du lycée n'est pas terminé, loin de là. Même si en quelques mois, beaucoup a été fait en terme de communication: nouveau logo, activité intense sur les réseaux sociaux, tournée des remises de prix dans les écoles primaires...Un travail qui paie selon Dimitri D'Agostino: "les discussions changent dans Saint-Ghislain". Comprendre qu'on parle plus du présent que du passé. "Ce qui change, c'est le climat de travail. L'équipe pédagogique est toujours la même". Une équipe composée d'enseignants "proches et maternants". Reste à convaincre au-delà de Saint-Ghislain les parents de la pertinence du projet pédagogique du lycée Charles Plisnier. Car si l'école n'est pas une entreprise et n'a pas d'obligation de résultats en terme d'effectif, les enseignants ne perdent pas de vue que "les inscriptions, c'est des jobs".

Un établissement atypique

Le lycée Charles Plisnier est devenu une exception dans le paysage scolaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il est le seul établissement du réseau officiel à proposer un cursus uniquement de la 1ère à la 4e secondaire. Ce qui rend la transition de l'école primaire à l'école secondaire "moins violente" estime Dimitri D'Agostino. "On reste une petite école avec un esprit familial". Ce côté proche de ses élèves a permis au lycée d'adapter ses classes à l'accueil des enfants "dys" (dyslexiques, dysphasiques...), mais aussi de personnaliser autant que possible les méthodes d'apprentissage suivant les profils des élèves et "les pousser à l'excellence sans faire d'élitisme" résume le directeur.

Un ancien du lycée pour redresser la barre

C'est à une personne connaissant bien l'établissement que la FWB a demandé de remettre le lycée sur les rails. Enseignant depuis 17 ans, régent en sciences, Dimitri D'Agostino a débuté par Charles Plisnier où il a effectué ses stages. Par la suite, il est devenu formateur d'enseignants de la maternelle à la rhéto pendant 4 ans avant d'intégrer la cellule pédagogique de Wallonie-Bruxelles-Enseignement. C'est elle qui détermine la politique d'enseignement du réseau officiel. Sa nouvelle mission à la tête de Charles Plisnier, Dimitri d'Agostino la voit comme une preuve de la volonté de maintenir l'école. "Si la Fédération Wallonie-Bruxelles avait voulu la disparition du lycée, elle n'aurait rien fait et aurait laissé pourrir la situation".