BORINAGE

Les SEL, l'échange de services prétexte au lien social

Les SEL, l'échange de services prétexte au lien social

Le noyau dur du BoriSEL Ugo PETROPOULOS

Les systèmes d'échange locaux ont vu le jour un peu partout en Wallonie. La région de Mons-Borinage est désormais entièrement couverte par ces plateformes qui propose de recréer les services entre voisins, mais à plus grande échelle. Rencontre avec le BoriSEL, où plus que des services, c'est de l'amitié qui s'échange.

Les SEL, pour système d'échange local, ont le vent en poupe. Ces groupes de citoyens qui s'échangent des petits services voient le jour un peu partout en Wallonie et maillent désormais tout le territoire de Mons-Borinage. Après MonsSEL et le SolidarSEL qui couvre Dour et les Hauts-Pays, le BoriSEL s'est lancé et fait la jonction boraine entre ses deux aînés. Ses fondateurs faisaient déjà partie de SEL, mais se sont dits avec beaucoup de bons sens : "pourquoi faire beaucoup de kilomètres pour rendre des services que l'on peut effectuer près de chez nous ?" Le fruit de cette réflexion a donné le BoriSEL il y a un peu plus de deux ans, qui a vocation de rassembler les bonnes volontés de Colfontaine, Frameries, Saint-Ghislain, Quaregnon et Boussu, tout en restant ouverts aux SEL voisins.

Concrètement, un SEL, c'est un peu faire revivre les coups de main entre voisins, mais via une plateforme internet et sans avoir l'impression de devoir quelque chose à  la personne qui vous a donné un coup de main. Quand vous bénéficiez d'un service, vous êtes redevables à la communauté et vous pouvez aider n'importe quel autre membre de la communauté qui aurait besoin de vos talents.

Echange babysitting contre balade aux champignons

Comment ça marche ? Vous rendez un service et vous bénéficiez d'une « gayette » qui vous donne droit à une heure de service. Et n'importe lequel car une heure de babysitting à la même valeur qu'une heure de cours de physique quantique. Les services échangés justement, quels sont-ils ? Il y a de tout: des classiques comme des cours de langues, du covoiturage, du jardinage, des petits travaux manuels, de l'aide aux personnes âgées, du coaching...Mais aussi des choses plus spécifiques comme des cours de peinture, de photos ou des promenades aux champignons.

Mais pas question de rénover toute sa maison grâce au SEL! Car il y a une règle importante : pas question de faire de la concurrence aux corps de métier. Le SEL ne doit pas devenir un prétexte au travail dissimulé. Si changer une prise électrique ne pose aucun souci, "je ne referai jamais tout un circuit électrique" avertit Didier, un des membres du Borisel. On se limite à des petits travaux qu'un homme de métier ne fait pratiquement plus, faute de rentabilité.

Le SEL dans la peau

Mais ce qui séduit dans le SEL, ce n'est pas que rendre service, c'est surtout les relations sociales qu'on y construit. "Ce n'est pas rendre un service, et puis merci au revoir on se verra peut-être dans six mois. C'est plutôt le coup de main de la famille qu'on n'a jamais". Progressivement, les membres du SEL sont devenus "une bande de potes", qui organisent des ateliers, des visites culturelles...L'échange de service n'est finalement que le prétexte à recréer du lien social.

Pour nos interlocuteurs, le SEL est devenu essentiel, comme pour Guillaume et Eloïse. Ce jeune couple est en partance pour le Canada, le pays où s'est lancé le concept. Et intégrer un SEL sera leur priorité une fois sur place. Pratique pour faire des rencontres en terre inconnue.