ATTENTATS DU 22 MARS À BRUXELLES

Un olivier et un poème de Garcia Lorca à Maelbeek pour ne jamais oublier

La fresque de Benoît Van Innis en hommage aux victimes des attentats du 22 mars a été inaugurée ce 19 juillet dans la station de métro Maelbeek, à Bruxelles.

La fresque, qui occupe tout un mur de la station menant aux quais, est l’œuvre de l’artiste dont les visages noirs sur fond blanc, intégrés sur les quais depuis 16 ans, sont désormais gravés dans toutes les mémoires comme un symbole de l’attaque.

«L’olivier a quelque chose d’humain, selon moi», commente Benoît Van Innis. «Et Garcia Lorca l’a noté aussi quand il dit qu’“ il chemine ”, qu’“il s’avance vers nous”. J’espère désormais que mon olivier sera une expression d’amour, de courage, d’espoir».

Un olivier et un poème de Garcia Lorca à Maelbeek pour ne jamais oublier  «L’olivier a quelque chose d’humain, selon moi», commente Benoît Van Innis.-BELGA L’artiste se souvient aussi de ce 22 mars de triste mémoire. «J’avais travaillé 4 ans avec architectes et techniciens de la STIB pour faire de la station délabrée de Maelbeek une station lumineuse. Et depuis 16 ans, on nous disait que Maelbeek avait quelque chose de différent. Puis, il y a eu la tragédie. Je n’ai pas pensé à mes œuvres évidemment. Mais choqué, j’ai songé aux victimes. Puis ma fille m’a téléphoné pour me dire que quelqu’un avait ajouté une larme à l’un de mes visages et qu’il circulait sur les réseaux sociaux. Malgré moi, mon œuvre s’intégrait dans la mémoire collective en recevant une nouvelle dimension. Des passagers anonymes, ces visages devenaient des victimes innocentes et anonymes».

Le choix de l’olivier, symbole de paix par excellence, est venu à l’artiste parce qu’il participe «chaque année, en novembre», à la cueillette des olives chez un ami en Italie. «L’olivier a donc pris une grande part dans mon œuvre, au fil du temps».

«Nous nous dresserons contre ceux qui méprisent Bruxelles»

Un olivier et un poème de Garcia Lorca à Maelbeek pour ne jamais oublier  Vervoort: «Nous mesurons la charge qui nous échoit». -BELGA La veille, les autorités et l’artiste ont dévoilé la fresque en primeur aux familles et proches des victimes du 22 mars. Un moment émouvant, d’après Benoît Van Innis. «C’était très émouvant, d’autant que nous avons également rendu hommage aux services de secours qui travaillent jour et nuit, chacun avec leurs moyens, pour adoucir cette tragédie».

Rudi Vervoort, Ministre Président de la Région bruxelloise (PS), assure qu’il «mesure la charge» qui lui échoit à l’inauguration de l’œuvre. «Aujourd’hui, nous ressentons un sentiment mêlé de tristesse et de détermination», assure-t-il. «Nous aimons Bruxelles comme elle nous aime. Nous sommes les passagers de ses transports en commun, les citoyens qui animent ses rues, les spectateurs de ces lieux qui la font résonner. Nous peuplons Bruxelles d’enfants et confions à sa terre les disparus. Aujourd’hui, nous rendons donc hommage à ceux-là. Et nous assurons aussi que nous nous dresserons toujours contrent ceux qui méprisent Bruxelles».

Pascal Smet, Ministre bruxellois de la Mobilité et des Transports (sp.a), était également présent lors de l’inauguration de l’olivier avec les proches des disparus. «Pour nous, c’est déjà difficile. Mais la douleur dans les yeux des proches donne encore plus de peine», confie-t-il. «Mais la vie continue, même si ce n’est pas facile. Il fallait réfléchir à comment ne jamais oublier ce qui s’est passé et l’intégrer dans la station. On avait ce mur abîmé, cassé, et nous avons demandé à l’artiste de dépasser la douleur, le manque d’amour, la haine, et d’intégrer l’espoir en l’avenir».

Un olivier et un poème de Garcia Lorca à Maelbeek pour ne jamais oublier  Van Innis: «L’olivier a quelque chose d’humain, selon moi. Et Garcia Lorca l’a noté aussi quand il dit qu’“ il chemine ”, qu’“il s’avance vers nous”».-EdA - J. R.

 

Les noms des victimes à Maelbeek?

Un olivier et un poème de Garcia Lorca à Maelbeek pour ne jamais oublier  Smet, les autorités et la STIB réfléchissent encore au biais à utiliser pour intégrer le nom des victimes dans la station. -BELGA Pour commémorer plus précisément la mémoire des victimes de l’attentat du 22 mars dans la station de métro Maelbeek, STIB et autorités réfléchissent encore au moyen d’intégrer leurs noms aux murs de celle-ci.

«On voudrait inscrire les noms, oui. Mais aujourd’hui, tout ça semble encore trop frais dans les mémoires», nuance le Ministre de la Mobilité bruxellois Pascal Smet (sp.a). «Nous discutons avec les familles pour déterminer le meilleur moyen d’intégrer ces noms dans la station. On veut prendre contact, mais tranquillement. Nous réfléchissons à inaugurer cet hommage le 22 mars 2017, pour se souvenir un an après. Le principe est là. On va le faire, mais il est encore trop tôt pour savoir comment».