ENVIRONNEMENT

Des corneilles mortes et d’autres aux ailes rognées servant d’appât

À Huy, un promeneur à découvert des cages pour piéger des oiseaux. Plusieurs corneilles noires, aux ailes rognées servaient d’appât, et d’autres étaient mortes. Un piège à loup était aussi sur place…

De grandes cages posées au sol avec plusieurs corneilles emprisonnées. Certaines sont déjà mortes, d’autres sont incapables de voler. Les plumes de leurs ailes ont été coupées…

C’est ce qu’a découvert hier soir un promeneur au-dessus des Rochers de Corphalie, à Huy, à l’intersection des communes d’Amay et Wanze. Un site géré par le Club Alpin Belge mais qui semble aussi fréquenté par les chasseurs et… les braconniers.

C’est sans doute un de ces derniers qui avait placé les cages à cet endroit. Les corvidés aux ailes rognées y servant d’appât et la configuraton des cages permettant aux oiseaux d’y pénétrer mais pas d’en sortir.

Mardi soir, le jeune homme a ouvert les cages, laissant s’échapper quatre oiseaux qui le pouvaient encore et en emmenant un qui était trop mal en point pour s’en tirer seul.

Le sauveur des corvidés a également alerté la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO) ainsi qu’un inspecteur de la Division de la Nature et des Forêts qui devrait ouvrir une enquête. Même si à l’unité anti-braconnage on nous indique qu’il ne sera pas possible de se rendre sur place avant plusieurs jours pour faire les constats…

Cages, appâts vivants et piège à loup

«La corneille est toujours chez moi mais je vais aller la conduire au centre de revalidation à Héron», explique celui qui a sauvé les oiseaux des pièges.

Ce mardi matin, le jeune homme est retourné sur place pour voir si d’autres oiseaux n’avaient pas été piégés. Mais il n’y avait plus d’oiseaux, même les anaimaux morts avaient disparu. «Sans doute que ceux qui avaient placé les cages ont vu que quelqu’un est passé…»

Plus interpellant, le promeneur a également découvert sur le site un piège à loups. Même s’il était entouré d’un grillage (donc destiné sans doute aussi aux oiseaux qui, eux, pouvaient se poser dans ce cercle grillagé) ce type de piège à mâchoire est terriblement dangereux et totalement interdit en Belgique.

L’an dernier, alors qu’il se promenait au même endroit en observant une buse (un rapace, donc protégé) tournoyant au-dessus de la falaise, le jeune homme avait entendu un tir avant de voir l’oiseau s’effondrer au sol. L’an dernier toujours, il avait également découvert au même endroit trois carcasses de renards qui pourrissaient sur place.

Visiblement, le site n’est pas fréquenté que par des alpinistes et des amis de la nature…

Corneilles noires: élimination autorisée mais pas n’importe comment

Le ou les auteur(s) de ces captures risquent-ils des sanctions? C’est probable.

Car si des dérogations existent pour la capture et l’élimination des corneilles noires, elles sont délivrées selon de strictes conditions: obligation de prouver que les corneilles font du dégât, obligation de relever les cages au moins une fois par jour avant midi, les oiseaux doivent disposer de nourriture et de quoi boire, les oiseaux ne doivent pas subir de maltraitance,…

Autant de conditions qui ne semblent clairement pas avoir été rencontrées dans le cas présent.

Sans compter que ce type de piège avec appâts vivants peut aussi attirer d’autres oiseaux, notamment des corbeaux freux qui, eux, sont intégralement protégés, souligne-t-on chez Natagora, l’association de défense de l’environnement.