BELGIQUE

Glyphosate : la Belgique aurait voté pour le renouvellement de la licence

Glyphosate : la Belgique aurait voté pour le renouvellement de la licence

Illustration Reporters/DPA

La Belgique aurait approuvé le renouvellement de la licence de l’herbicide controversé glyphosate si le vote n’avait pas été reporté ce jeudi, a indiqué le cabinet du ministre fédéral de l’Agriculture Willy Borsus, qui tacle au passage le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio, partisan quant à lui de mesures restrictives.

Le comité technique chargé de se prononcer sur le renouvellement pour l’UE de l’autorisation du glyphosate – le principe actif du célèbre herbicide «Roundup» de la multinationale Monsanto – a dû ajourner son vote attendu jeudi car aucune majorité qualifiée ne s’est dégagée parmi les États membres.

La Belgique figure parmi les 19 pays de l’UE qui se sont prononcés en faveur d’un renouvellement sous conditions, mais ce dernier dépend encore de l’attitude qu’adopteront les États membres représentant une forte population, comme l’Allemagne, tandis deux pays ont voté contre (France et Luxembourg).

Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait pointé du doigt un risque cancérigène du glyphosate, elle a fait marche arrière lundi en mettant hors de cause l’herbicide. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est du même avis.

«Nous fondons notre jugement sur des avis scientifiques, d’une façon rigoureuse et analytique, mais nous n’hésiterions pas à interdire le glyphosate s’il y avait le moindre doute», fait-on valoir au cabinet du ministre Borsus (MR). C’est ce qui explique l’interdiction du mélange du glyphosate avec un co-formulant, la «tallow amine» (adjuvants à base d’amines grasses de suif, NDLR).

Au passage, le ministre fédéral tacle le ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio (cdH). Ce dernier n’a certes pas le pouvoir d’interdire le glyphosate mais, au nom du principe de précaution et dans l’attente d’études définitives, a annoncé son intention d’en «compliquer l’usage» en Région wallonne, en limitant l’utilisation de tout produit phytosanitaire, et notamment du glyphosate, à proximité de nappes d’eau et de noyaux d’habitats.

Or le site de la Région wallonne, note Willy Borsus, continue de conseiller le Roundup pour lutter contre les plantes invasives. C’est le cas notamment d’une notice pour lutter contre les renouées asiatiques.

En outre, dans le cadre de l’autorisation nationale de produits contenant le glyphosate sur le marche belge, «le fédéral voulait retirer l’usage du glyphosate sur les plans d’eau, mais les Régions ont demandé de maintenir cet usage pour lutter contre les plantes invasives aquatiques», ajoute M. Borsus. A ses yeux, «les techniques de traitement proposées sont encore, semble-t-il, utilisées par la Direction des Cours d’eau non navigables dans certaines situations».