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«Non, Droh!me ne sera pas le Heysel du sud de Bruxelles»

«Non, Droh!me ne sera pas le Heysel du sud de Bruxelles»

La Petite Tribune et le Pesage de l’ancien hippodrome de Boitsfort accueilleront une brasserie au parc Droh!me. Droh!me/Facebook

Le parc de loisirs Droh!me alimente les rumeurs. Et les inquiétudes de certains riverains. Ses promoteurs veulent rassurer.

Le projet de parc de loisir Droh!me, qui doit redynamiser l’ancien hippodrome en bordure de la Forêt de Soignes et zone Natura 2000, est entouré de rumeurs. Certains riverains, relayés par le mouvement Pas Question ou la plateforme environnementale Stop.Brussels, craignent l’arrivée d’un «Disneyland» entre Boitsfort et Uccle. Leurs critiques portent principalement sur le trafic qui risque d’augmenter, les nuisances nocturnes et une «privatisation» de l’espace vert à destination d’entreprises et d’événements payants.

Sans doute Droh!me amènera-t-il certains changements en bordure du golf «qui sera maintenu à 9 trous» bien que «diminué de 20%». Mais ses promoteurs de la S.A. Droh!me Invest, filiale de VO à qui le marché d’exploitation a été attribué pour 15 ans par la Région, souhaitent couper court à certains on-dit.

Nouveau Heysel?

Leur objectif est bel et bien de créer un parc de loisirs «valorisant nature et biodiversité». Mais pas d’y créer un Disneyland. «Drohme accueillera à terme 250.000 visiteurs annuels en 2018. Par comparaison, la piscine d’Uccle en compte 350.000», note Michel Culot, administrateur délégué de Droh!me Invest. On est donc loin selon le promoteur, d’un dessein à la NEO. «Ni la superficie du site de l’ancien hippodrome (32 Ha), ni sa configuration (zones boisées, golf), ni sa situation en zone Natura 2000 ne peuvent permettre une exploitation telle que celle du plateau du Heysel».

Privatisation?

Concernant les craintes liées aux événements ou à la privatisation, Droh!me assure que le site «ne sera pas clôturé» Espaces verts, plaine de jeux autour de l’anneau de course, terrains de sport et chemins «resteront gratuits». Avant de préciser que «le projet prévoit aussi des activités payantes: patinoire, minigolf, fitness extérieur. Un pass permettra d’accéder au belvédère, au parcours des cimes et aux installations sportives payantes pour une somme forfaitaire».

Le promoteur reconnaît cependant que «124 événements payants se tiendront par an, essentiellement indoor. Par exemple des locations de salles, des cours de cuisine ou de yoga, des expos, des joggings...» Le permis d’environnement encadrera strictement ces activités niveau bruit, éclairage, rejets d’eau... La rentabilité de Droh!me ne serait pas dépendante des ces événements uniquement puisque les exploitants assurent une répartition principalement axée sur l’horeca (21%), les locations (21%) et le golf (20%), ainsi que le parking (12%) et le pass (10%).

Immobilier?

En outre, Droh!me n’accueillera pas de logement, pas plus que d’hôtels. «Le seul logement prévu sera celui du concierge, au 2e étage de l’ancienne maison forestière qui sera rénovée». Outre la rénovation des anciennes installations de l’hippodrome prise en charge par la Région pour un montant de 7 millions€, les seules constructions prévues sont «la maison de la Forêt et le Belvédère des Cimes. Elles seront en bois et respecteront les principes d’écoconstruction. Une extension est également prévue pour le restaurant locavore».

2016?

Pour rassurer les opposants, Droh!me Invest promet qu’une consultation a été faite. Des groupes thématiques chargés de discuter l’environnement, le trafic ou la programmation et les publics cibles du parc sont en place et déboucheront sur de nouveaux échanges à l’avenir.

Si l’aboutissement total du parc Droh!me est prévu pour 2018, cet été 2016 est déjà l’occasion de visites guidées en forêt, de restauration via food-trucks, de stages ou de balades en poney. Un chapiteau provisoire est également dressé dans le parc. Cette année 2016 sera aussi marquée par l’inauguration des anciennes installations hippiques: la Grande Tribune, la Petite Tribune et le Pesage.

Mobilité?

La mobilité du carrefour entre l’avenue Roosevelt et la chaussée de la Hulpe n’est pas particulièrement gâtée. N’y transitent que le tram 97 et le bus 41, et les files y sont denses matin et soir. D’où les craintes d’y voir davantage encore d’embouteillages si Droh!me attire, comme prévu, 250.000 visiteurs annuels et 124 événements payants.

Là aussi, Michel Culot promet une politique «volontariste» qui devrait «stimuler l’utilisation des transports en commun». Outre «les nombreuses place vélos dans le parking», ils prévoient un plan de mobilité. « Les contacts avec la STIB et Bruxelles-Mobilité aboutiront à des avancées concrètes (augmentation de la fréquence du tram 94, tracé de la nouvelle ligne de bus desservant le site, navettes...). Par ailleurs, le site est accessible via deux gares SNCB, Boitsfort et Boondael. Des discussions sont en cours avec Villo, Zencar et Cambio pour proposer des stations sur le site de l’hippodrome».

Tickets combinés avec le voyage, affichage des horaires, covoiturage favorisé sont aussi du package.